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Bas de ligne de pêche à la mouche : formules essentielles

Tapez « bas de ligne mouche » sur un moteur de recherche et vous trouverez des milliers de résultats ! Difficile pour quelqu’un qui cherche des formules éprouvées et efficaces de s’y retrouver… Voici quelques principes et bas de ligne pour mieux s’y retrouver.

Le choix du bas de ligne de pêche à la mouche : un casse-tête ?

N’étant pas diplômé en sciences physiques, je vais aborder de manière assez pragmatique différentes formes de bas de ligne et éviter de tomber dans le piège du « pouillème » de centimètre en plus en fonction du diamètre utilisé pour obtenir tel ou tel résultat.

Bien que mes amis ingénieurs puissent s’évertuer à imaginer de savantes feuilles de calcul sur Excel pour créer le bas de ligne parfait, il faut retenir un principe élémentaire : plus la conicité d’un bas de ligne est prononcée sur une longueur donnée et plus l’énergie sera transmise rapidement jusqu’à la mouche. La raideur d’un fil est un paramètre important pour réaliser un bas de ligne. Tous les fils ne possèdent pas les mêmes propriétés.

Si la gestuelle du pêcheur est bonne et qu’elle produit efficacement de l’énergie en actionnant correctement le matériel, c’est bien la combinaison des éléments cannes + soie + bas de ligne qui permet au pêcheur d’atteindre une cible. Il convient avant toute chose d’avoir de bonnes bases de lancer et de veiller à ce que la soie corresponde bien à la canne avec laquelle on désire lancer.

Mais lancer quoi et où au juste ?

On imagine mal lancer une mouche à brochet avec le même matériel et le même bas de ligne que pour lancer une mouche sèche sur hameçon n°20 ! C’est d’ailleurs pour ça que les pêcheurs à la mouche ont le choix entre de nombreuses références de cannes avec des actions plus ou moins rapides et une multitude de soies flottantes, intermédiaires, plongeantes. A ce propos, s’il existe différents profils de soies c’est aussi pour permettre au pêcheur de lancer différentes sortes de mouches.

Un pêcheur qui désire lancer une mouche sèche dans un torrent pour « bénir l’eau » (garder la canne haute en ne laissant que la mouche sur l’eau) aura tendance à utiliser une canne longue de 9’ à 10’ avec une soie DT et un bas de ligne très rapide débutant en 0,45 mm et se terminant en 0,12 mm pour gagner en précision. Ce même pêcheur ira sans doute lancer un steamer en lac avec une canne de 9’6 soie 6 chargée d’une soie WF et d’un bas de ligne long de 3 m en un seul morceau de 0,18 mm pour bien faire nager sa mouche et gagner en discrétion. Plus que de savoir quelle est la formule exacte pour pêcher tel poisson dans telle situation, il est important de savoir comment réagit un bas de ligne en fonction de l’action de pêche.

Le choix du fil

Plus un fil est rigide et plus il est apte à restituer un maximum d’énergie. En fonction des marques, il existe des différences et à diamètre égal, deux fils en nylon de marques différentes peuvent se comporter très différemment. Aussi, un bon fil pour créer la partie principale du bas de ligne n’est pas pour autant un fil idéal pour réaliser la pointe du bas de ligne. Le fil MAXIMA Camo par exemple est l’un des plus rigides du marché. C’est d’ailleurs cette caractéristique qui en fait l’un des nylons les plus utilisés par les moucheurs pour confectionner un bas de ligne. Si un nylon rigide s’avère excellent pour construire un bas de ligne à nœud c’est avant tout pour bien conduire l’énergie, mais pour la pointe du bas de ligne, un fil plus souple et plus élastique améliorera sensiblement la présentation de la mouche tout en amortissant davantage les ferrages. Pour ce qui est de la résistance au nœud en diamètres fins, les nylons haut de gamme ou les fluorocarbones sont nettement plus solides que la plupart des bons fils pour construire le bas de ligne.

Bas de ligne à nœuds ou sans-nœud ?

Sur le marché, plusieurs modèles de bas de ligne sont disponibles avec des longueurs et des profils variés. La qualité du fil (nylon ou fluorocarbone) varie selon les marques et selon les références. Il est souvent difficile pour un débutant ou un pêcheur à la mouche occasionnel de s’y retrouver…

Pour des questions de simplicité et d’efficacité les bas de ligne sans-nœud aussi nommés «  bas de ligne queue de rat » peuvent convenir dans la plupart des situations de pêche. Ce type de bas de ligne convient très bien aux pêcheurs qui vont à l’essentiel. Ils présentent plusieurs avantages puisque l’absence de nœud améliore la glisse dans les anneaux au moment de sortir la soie ou lors d’un combat. La conicité du bas de ligne est généralement bien répartie sur la longueur (en dehors de la pointe qui peut être longue d’un mètre en diamètre fin). L’inconvénient de ce type de bas de ligne c’est d’abord la qualité du fil.

Les bas de ligne sans-nœud peuvent être conçus à partir de fil dont la solidité est rarement à la hauteur d’un bon fil de pêche vendu en bobine de 50 m. Or, lorsqu’on connecte une pointe en 0,15 mm sur un bas de ligne qui se termine en 0,21 mm il est parfois surprenant de casser au niveau du bas de ligne et non au niveau de la pointe. Orvis a d’ailleurs pris soin de mettre au point les bas de ligne Superstrong Plus en leur conférant les mêmes propriétés de résistances à diamètre égal que le fil Superstrong Plus conditionné en bobine. Autre point faible du bas de ligne sans nœud : les modifications de profils en cours de pêche sont limitées. A partir du moment où l’on décide de couper le bas de ligne pour le modifier, ce ne sera plus jamais le même bas de ligne mais est-ce une vraie contrainte ?

Les bas de ligne à nœud présentent l’avantage d’être déclinés et déclinables dans une multitude de formules… Certains pêcheurs très pointilleux utilisent des formules d’une incroyable complexité avec des mesures très précises pour la longueur de chaque portion de fil de différents diamètres qui composent le bas de ligne. Mon expérience dans le domaine est plus pragmatique que scientifique. J’accorde de l’importance au profil général d’un bas de ligne à nœud (à sa progressivité ou à sa dégressivité) mais je ne suis pas à un cm près et s’il me manque du 0,25 mm je n’ai aucun scrupule à mettre du 0,22 ou du 0,275 à la place ! Ce qui m’importe c’est le comportement général du bas de ligne par rapport au type de poser que je veux accomplir. C’est d’ailleurs tout l’intérêt des bas de ligne à nœud, il existe trois types de bas de ligne et en fonction de ce que le pêcheur souhaite réaliser, il peut construire le bas de ligne sur mesure qui lui permettra de réaliser le poser parfait.

Imaginez une rivière plutôt rapide avec des postes bien marqués, dans cette configuration la précision est le facteur de réussite n°1. Les dérives sont généralement courtes et la mouche doit être guidée sur les postes avec un maximum de précision. Si votre mouche dérive sur l’eau sans jamais passer sur les postes ciblés, il y a peu de chance pour qu’un poisson s’y intéresse. Il faudra donc un bas de ligne très dynamique (dont la conicité est très marquée) pour conduire un maximum d’énergie jusqu’à la pointe du bas de ligne et gagner en précision.

Pour pêcher en sèche sur une rivière moyenne ou large

En principe les cours d’eau s’élargissent dans les fonds de vallées et dans les plaines et la vitesse du courant ralentit. Toutefois, les postes ne sont pas aussi marqués, les dérives peuvent être plus longues mais le dragage devient un risque majeur de refus ! Un bas de ligne très dynamique permet de lancer vite et précisément en direction d’un poisson en poste mais si celui-ci n’autorise pas la réalisation de posers décalés ou en courbe, les différents courants qui rident la surface de l’eau peuvent rapidement entraîner le dragage de votre mouche sèche. Dans ce cas un bas de ligne dont le dynamisme est modéré permettra de mieux accomplir des lancers techniques qui peuvent parfois « stopper » l’afflux d’énergie vers la mouche pour réaliser un poser très détendu qui garantira une dérive très naturelle à la mouche afin qu’elle ne drague pas en arrivant à la hauteur du poisson ciblé.

Pêche en sèche en rivière petite et moyenne

Sur ce genre de rivière, les postes sont généralement marqués et courts. La précision est de rigueur et il faut privilégier des bas de ligne dynamiques de longueur comprise entre 3 et 6 m avec la pointe.

Bas de ligne de pêche à « l’espagnole »

La pêche dite « à l’Espagnole » est la seule technique de pêche à la mouche où c’est réellement le poids de la nymphe qui sert à propulser la ligne ! Il est donc essentiel que le bas de ligne coulisse parfaitement dans les anneaux et oppose le moins de résistance possible au vent.

Pour pratiquer la pêche « à l’espagnole » il est nécessaire d’utiliser un bas de ligne long de 5 à 12 m en nylon fin construit à partir d’une portion de fil de diamètre compris entre 0,16 mm et 0,20 mm. Certains pêcheurs n’utilisent que du fil fluo pour confectionner le bas de ligne, d’autres utilisent un fil incolore et y ajoute une portion de fil coloré de 30 cm en guise d’indicateur. La pointe peut être raccordée au bas de ligne à l’aide d’un micro anneau ou d’une micro boucle. Ce type de bas de ligne améliore la qualité des dérives puisqu’il est très léger et sa prise au vent est plus faible qu’un bas de ligne classique.

Mon bas de ligne de pêche à la mouche polyvalent :

Comme j’aime pratiquer différentes techniques de pêche lors d’une même sortie et que partir avec deux cannes différentes au bord de l’eau n’est pas toujours idéal, j’ai adopté un bas de ligne « hybride » qui me permet de passer facilement d’une technique à une autre en conservant des qualités de présentation très satisfaisantes. Comme base je me sers d’un bas de ligne sans nœud de 9′ à 14′ auquel j’ajoute un partie de nylon indicateur fluo de 0,18 mm à 0,27 mm de diamètre. 

Exemple de bas de ligne :

Le bas de ligne sans nœud est parfait pour transmettre l’énergie et sa glisse dans les anneaux est adaptée aux pêches à courte distance en nymphe. La présentation n’est pas exactement la même qu’avec un bas de ligne de pêche à l’espagnole pour la pêche en nymphe mais elle s’en rapproche. C’est un bon bas de ligne pour pratiquer la pêche en nymphe au fil « à la française » et je l’affectionne pour la pêche en sèche, en sèche/nymphe et même en noyée. Un vrai bas de ligne à tout faire.

Astuce : si vous souhaitez réaliser vos indicateurs avec un nylon multicolore bien visible, le Tactical Saighter Orvis est pas mal du tout.

Pêche des carnassiers ou des poissons exotiques avec de grosses mouches

J’entends par « grosses mouches » des streamers, des poppers ou gurglers montés sur des hameçons de taille supérieure à n°2. Il est très rare de pêcher avec des soies fines et des pointes de bas de ligne de diamètre inférieur à 0,40 mm ce qui induit que même un bas de ligne ultra simple de 2,50 m en un seul brin conduit déjà très bien l’énergie. Les bas de ligne « queue de rat » sans nœud vont permettre de mieux assurer la transmission de l’énergie entre la soie et la mouche mais pour les très gros streamers à brochet, le bénéfice de ce genre de bas de ligne est quasi imperceptible. Orvis propose un Polyleader spécial brochet efficace et facile à connecter qui assure une bonne présentation des gros streamers et la solidité nécessaire pour éviter de perdre un poisson armé de dents tranchantes !

Matthias Parre utilise des bas de ligne courts et robustes pour traquer les brochets de la Dordogne.

Plus que le bas de ligne c’est le fuseau de la soie qui va assurer la présentation de la mouche en la guidant jusqu’à la cible.

Les poissons prédateurs se pêchent essentiellement avec des bas de ligne spécifiques de moins de 3 m et sur cette longueur un fil dont le diamètre peut être compris entre 0,60 mm à 0,90 mm transmet parfaitement l’énergie nécessaire pour présenter convenablement un streamer. Pêche de poste, pêche à vue ou pêche sur chasse, il est très rare de devoir employer des bas de ligne longs pour traquer les poissons prédateurs et cela nous arrange bien ! Il faut à tout prix éviter de rentrer la connexion soie/bas de ligne dans les anneaux. Aussi fine qu’elle soit, la connexion soie/bas de ligne peut à tout moment se bloquer dans un anneau alors que le combat est sur le point de se terminer. Un tarpon, une carangue ou un brochet qui tente un dernier départ peut alors « exploser » une canne !

Prenez vos marques :

Comme chacun a ses habitudes et qu’à la pêche, la pratique est souvent très riche en enseignements, je vous invite à faire des essais et à retenir les formules de bas de ligne qui vous conviennent le mieux.

En espérant vous avoir éclairci les idées, je vous souhaite plein de réussite dans vos sorties de pêche !

Florian

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