Punta Allen : ou la dernière chance !

Partir au Mexique en vacances c’est une très bonne idée. Avoir sa canne et ses mouches dans la valise, c’est une merveilleuse idée. Mais s’il n’est pas difficile de trouver des pyramides Mayas, réussir à prendre quelques poissons ne s’improvise pas ! Voici quelques retours d’expérience sur mon périple dans la péninsule du Yucatan.

Avant de planifier un voyage, ma compagne et moi recherchons en priorité des destinations plutôt abordables nous permettant de nous dépayser en découvrant une autre culture, de nouveaux paysages et si possible, d’autres poissons ! Cela offre tout de même un panel de choix suffisamment étendu pour ne pas retourner deux fois au même endroit dans une vie…

Le Mexique cochait toutes les cases et avant même que nous réservions nos billets d’avion, nous étions déjà très enthousiastes à l’idée de découvrir les sites Mayas, les villes mexicaines, les réserves naturelles et la gastronomie locale sans oublier de déguster quelques bières (avec modération bien entendu). Rapidement, nous nous sommes fixés un carnet de route avec quelques points de chute pour découvrir différentes villes et sites. Bien entendu, la pêche n’était pas l’objet 1er du voyage mais j’avais pris les devants en contactant un guide à Majahual sur les conseils de mon pote Bertrand qui avait déjà eu la chance de pêcher deux fois au Mexique. Ce guide a annulé sa prestation “voiture en panne”. Comment vous expliquer notre désarroi après 1h30 de route, s’étant levé à 5h30 du matin et ayant poiroté 1h30 sur place. Nous lui avons bien proposé de venir le chercher avec notre grosse voiture (l’avantage d’être surclassé c’est qu’on peut frimer un peu !). Mais le guide a décliné, peut être que sa voiture était rentrée tard et avait encore quelques vapeurs de Mezcal dans le moteur ?

Il m’a tout de même donné un bon conseil : “Prenez la route sur 45 km, au bout, tournez à gauche, prenez la piste sur environ 1km, vous verrez une ruine et là il faut pêcher.” 

Aude et moi ne sommes pas tellement du genre à nous énerver mais sur le moment nous étions un peu “tendus” ! Le matériel était prêt, le restaurant était réservé pour le déjeuner, nous avons suivi la route indiquée en essayant de trouver le spot de pêche. Heureusement la voiture était assez haute pour passer dans les chemins en évitant d’y laisser le carter. Nous avons fini par accéder à un flat plutôt rocheux mais où il semblait pouvoir se trouver quelques poissons. 

Rapidement nous nous mettons en place et au bout de quelques minutes j’aperçois des nageoires de permits en “tailing”. Autant vous dire qu’après les péripéties du début de matinée, je sentais une certaine excitation m’envahir. Bref j’essaie de rester calme et concentré pour lancer à proximité de ces poissons et poser discrètement ma crevette tout en anticipant le mouvement des poissons et des vagues. Je réussi 2 passages mais les poissons ne prennent pas. Je change de mouche et là “Bingo” ! Une petite carangue bleue… Les permits n’étaient bien entendu plus sur le spot. J’attends, je revois les poissons, je relance mais rien de plus. Un gros barracuda passe et plus une nageoire dans la zone. Il était temps de se restaurer donc retour à Majahual pour manger un excellent filet de poisson frais.

Sur différents forums et guides touristiques, le temps de trajet entre Tulum et Punta Allen varie de 1h30 à 4h suivant l’état de la piste. Coup de chance la piste a été refaite très récemment et ça roule très bien !

Alors que nous partions pour passer quelques jours à Tulum, je tente de contacter Pascale du Punta Allen Fishing Club pour envisager une ultime sortie. En quelques échanges, Pascale trouve les mots pour me décider mais elle n’était pas certaine d’avoir un bateau. Les guides étaient en repos avant d’attaquer la saison, un moteur était en rade et Tiziano se remettait d’une mauvaise grippe… encore la poisse ! Finalement Pascale peut compter sur son ami et voisin Mike qui était guide de pêche au saumon en Alaska. Le rendez-vous était pris et nous voilà partis pour Punta Allen en mode journée pêche et plage.

En arrivant dans le village nous remarquons tout de suite des peintures et des sculptures de tarpons, de permits, de snooks et de bonefishs ! Le dress code des gens du village c’est plutôt T-shirt à manches longues, lunettes Costa et casquette de pêche que short et serviette. S’il y a bien un endroit où la pêche sportive et notamment à la mouche transpire dans le Quintana Roo c’est à Punta Allen. Nous arrivons au lodge, Pascale nous reçoit autour d’un café alors que Tiziano émerge et vient jeter un œil bienveillant à mes mouches. Même grippé Tiziano aime beaucoup partager de précieux conseils. Il faut dire qu’il connaît du beau monde et que sa longue expérience de pêcheur s’est forgée à travers de nombreuses heures sur l’eau un peu partout dans le monde.

Le matos et les sandwichs sont prêts et nous retrouvons Mike déjà en tenue pour nous accompagner.

“Pauvre Mike il va encore être obligé d’aller à la pêche aujourd’hui !” Voilà une phrase qui en dit long sur le quotidien d’un guide de pêche retraité dans un vrai paradis pour les moucheurs. C’est sur ces mots que Pascale m’a présenté à Mike non sans humour. La moustache de Mike cachait à peine son sourire lorsque nous nous sommes salués et nous voilà partis.

Mike nous accompagne sur une zone de pêche où traînent souvent les bonefishs et où quelques permits maraudent de temps en temps. Je passe ma soie dans les anneaux de ma RECON 9’ soie 8, je connecte un morceau de fluorocarbone 0,33 mm au bout de mon bas de ligne et je noue une crevette choisie par Tiziano. Aude est prête, la caméra est chargée et nous voilà sur le flat !

Un guide et son client sont prêts à partir pêcher également. Nous prenons le temps de discuter avec ces derniers pour que nous ne pêchions pas le même secteur. Le guide nous a gentiment répondu « Il y a beaucoup de place ici, aucun problème, nous allons pêcher un peu plus loin. Oh juste un petit conseil, quelques permits aiment venir le long des piquets là-bas. » J’étais dans l’ambiance.

Mike, Aude et moi nous sommes alors dirigés vers des herbiers à tortue « turtle grass » en anglais, je commence à réaliser quelques lancers dans différentes directions au cas où nous croisions la route d’un poisson que nous ne pouvons pas voir. Le vent est bien installé, les nuages éparses avancent vite, les vagues et les changements de luminosité ne nous aident pas.

Nous commençons la pêche à l’aveugle en attendant que les nuages passent et que la visibilité soit meilleure. Il faut être armé de patience dans ce genre de situation et se dire qu’à tout moment une nageoire, un reflet ou un remou peut trahir la présence d’un poisson. La Recon Saltwater 9’ soie 8 associée à la soie Pro Saltwater Tropic me permet de lancer sans me fatiguer dans le vent et de réaliser des posers plutôt discrets.

En progressant sur le flat, Mike m’explique quelques astuces pour trouver les poissons et surtout pour bien ferrer et mener le combat. Nous parlons de nos différentes expériences et même de ses anecdotes de guide en Alaska où il pouvait lui arriver de combattre des saumons jusqu’à en avoir mal aux bras ! Sur le flat, les vagues sont toujours aussi nombreuses mais nous trouvons quelques zones plus claires. Une légère cuvette se dessine au milieu des herbiers, je lance ma mouche une Nième fois, je stripe et là, je vois le remou… “Fish !” 

Immédiatement Mike me dit de lever la canne et de laisser partir le poisson qui de toute manière n’avait pas tellement envie de faire demi-tour… Le frein de mon Mirage LT est très bien réglé et le flat est dégagé, en dehors d’une attaque de barracuda, je ne crains rien. Après un premier rush de plus de 60 m, le bonefish prend la tangente et il faut que je récupère le plus vite possible pour rester en contact. Mike est aussi fébrile que moi, nous savons tous les deux que c’est un poisson très correct qui est au bout.

Après deux autres rushs moins intenses que le 1er, le poisson arrive devant moi, je commence à prendre le bas de ligne en main en évitant que la soie ne rentre dans les anneaux histoire d’éviter un ultime démarrage dans les pieds qui pourrait se solder par une canne cassée (astuce à retenir pour tous les gros poissons). Je le tiens enfin ! Mike et moi sommes très heureux, Aude immortalise la scène avec la caméra, le bonefish est rapidement décroché et repart à l’eau en quelques secondes.

Nous aurions pu arrêter la pêche à ce moment là, mon mauvais karma s’était transformé en un beau coup de ligne dans des conditions particulièrement compliquées. Mais nous avons continué de pêcher, nous avons vu des bonefishs sur différents spots de sable blanc, nous avons plié encore un peu le carbone avec un poisson plus modeste et avons repris le chemin de la voiture pour rentrer manger.

Arrivé au Punta Allen Fishing, Club, Pascale nous accueille et nous propose de nous reposer un moment dans les hamacs en compagnie des chats ! Après un peu de repos et un café pris en compagnie de Mike dans le centre du village de Punta Allen, nous avons passé une excellente soirée et savouré quelques spécialités préparée avec soin par le chef. Difficiles de résister aux charmes de cet endroit où tout est fait pour passer du bon temps et vivre une expérience de pêche.

Voici la vidéo sur la sortie de pêche avec Mike :

Alors si vivre une belle expérience de pêche exotique vous tente, je ne saurai que vous conseiller de passer quelques jours à Punta Allen en compagnie de Tiziano, Pascale et leur équipe qu’Aude et moi remercions. Et si vous croisez Mike, saluez le de notre part !

Pour contacter le Punta Allen Fishing Club voici les coordonnées :

Watsapp : +52 1 984 131 24 22  E-mail PAFCONFLY@GMAIL.COM

En espérant vous avoir fait un peu voyager, je vous donne rendez-vous pour un prochain article !

Florian

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