Patagonie chilienne en mode Helios 3D par Jean Domange

C’est lors de ma saison de guidage 2018 en Patagonie chilienne que l’opportunité de pêcher avec les cannes Helios 3D en #6 et #8 m’a été donnée. Rien de mieux pour tester des cannes que de les confronter à des conditions et à des poissons exceptionnels et cette saison fût riche en émotions.

Grace à une combinaison d’eaux fraiches et oxygénées, une diversité et une densité d’insectes à rendre fou les plus ardents entomologistes, les truites ici sont de véritables sportives de haut niveau. Le carbone plie souvent très fort le backing sort volontiers des moulinets, on a donc besoin de matériel alliant précision et puissance pour faire face à toutes les situations.

Ma première impression en montant un moulinet sur une Helios 3D a tout d’abord été la légèreté de la canne. C’est un peu déroutant parce qu’on n’imagine pas qu’une telle brindille puisse dégager autant de puissance et pourtant une fois que l’on déroule un peu de soie on se rend compte que les possibilités sont immenses. A distance moyenne tout va bien, le confort de pêche est impeccable et le slogan « Accurate From Anywhere » prend tout son sens, la précision de cette canne est impressionnante.

J’ai eu le plaisir de pêcher de petites rivières assez torrentueuses avec de grosses imitations d’insectes terrestres en foam, les dérives n’excèdent jamais les 3 secondes il faut être très précis et rapide. C’est bien dans ces conditions que la H3D 9’ soie 6 était d’une grande aide.

A plus grande distance, la moindre traction sur la canne révèle la réserve de puissance dont elle dispose. J’ai plusieurs fois essayé de dérouler le plus de soie possible pour me rendre compte des limites de la canne : j’allonge le chemin de lancement au maximum, j’insiste sur les tractions…et rien n’y fait ça répond toujours. Un peu comme une voiture de sport qui vous colle encore au siège quand on accélère en 5ème sauf que là c’est une canne à pêche !

Même constat sur l’Hélios 3D #8 que j’ai utilisé en lac depuis une petite embarcation, ça lance vite et loin et la légèreté de la canne réduit significativement la fatigue occasionnée par ce type de pêche plus physique.

En ce qui concerne le comportement de ces cannes pendant le combat avec un poisson, l’action rapide de la canne lui confère un comportement assez autoritaire sur des poissons de taille modeste. En revanche sur les truites de taille correcte le carbone plie facilement et on prend un grand plaisir à combattre sans écourter ce moment souvent tant attendu. Avec une pointe de bas de ligne en 22 centième sur des poissons parfois vraiment puissants, la flexibilité de la canne offre beaucoup de plaisir et se révèle redoutable pour mener les combats (la canne absorbe les coups de tête et les rushs à la perfection). A l’inverse d’une canne plus rigide, la souplesse de l’Helios 3 limite grandement le risque de décrochage avec ces poissons explosifs. J’aimerais vraiment voir ce que cela donnerait avec un petit migrateur (castillon), encore plus tonique que les truites, pour apprécier d’autant plus ce trait de caractère de la canne.

Pour résumer ce test très concluant je dirai qu’avec cette gamme de cannes on atteint un niveau de performance assez rare. Elles facilitent la précision, elles sont légères (un moulinet léger est à conseiller pour ne pas gâcher ce plaisir) tout en offrant une puissance étonnante. L’Helios 3D 9’ soie 6 est une canne qui permet de faire face à énormément de situations de pêche, la seule limite, comme chaque outil adapté, ne résidant que dans la manière dont on l’utilise. Je la recommande à tout pêcheur initié qui aurait trouvé les limites de son matériel afin de découvrir ce qu’il est possible de faire avec une canne à mouche haut de gamme.

Jean Domange

Guide DHD Laïka

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