Orvis Recon 10’ soie 3 « canne de pêche en nymphe moderne »

Je profite de la trêve hivernale pour présenter la Recon 10’ soie 3 et partager mon expérience d’utilisateur avec cette canne. J’ai essayé de faire court mais suite à plusieurs questions reçues par messages et par E-mail, j’ai tenté de résumer quelques situations de pêche assez révélatrices des capacités de la Recon pour pratiquer différentes techniques.

Il faut avant tout savoir que cette canne est le fruit de la collaboration de spécialistes américains et européens avec l’équipe de développement de cannes Orvis. Il semblait vraiment important de proposer une canne spécifique à la pratique des techniques européennes de pêche en nymphe.

J’ai la chance de pouvoir essayer des cannes de marques différentes lors des salons, des sorties de pêche avec les amis et en parallèle des compétitions. Il est vrai que les américains ont mis un peu de temps pour développer des cannes spécifiques aux techniques fines de pêche en nymphe. Les leaders dans ce domaine étant européens, il est naturel que les marques européennes aient développé ce genre de cannes plus rapidement mais les temps changent.

Lors du meeting Orvis 2016 sur la Test, nous avions eu le loisir d’essayer le prototype de la Recon 10’ soie 3 qui se révélait très précise et très agréable pour pêcher en nymphe au fil et sous la canne avec des pointes très fines. La version finale est équipée d’un porte moulinet inversé avec un petit talon de combat ce qui améliore l’équilibre de cette canne très légère (seulement 75 g). La prise en main est très agréable, l’équilibre améliore vraiment le confort de pêche lors d’une grosse journée. J’ai d’ailleurs testé cette canne avec différents moulinets Lare Arbor (Orvis Hydros SL II, Mirage II) et avec des modèles semi-automatiques comme le Yoto de JMC (modèle très apprécié par les compétiteurs). Avec un moulinet de 140g à 170g, le point d’équilibre se situe bien dans la poignée de la canne.

La Recon 10’ soie 3 est surnommée « tactical nymphing rod » par les américains et ce n’est pas pour rien ! J’ai utilisé cette canne quasiment toute la saison 2017 lors de mes sorties de pêche en rivière en loisir et en compétition. Des grands courants de la Dordogne aux postes marqués de rivière plus modestes, j’ai eu toute la latitude pour pousser cette canne dans ses retranchements.

Comme je l’ai écrit à travers d’autres articles, je suis adepte des bas de ligne sans nœud pour bien glisser dans les anneaux tout en conservant une conicité qui s’avère très utile pour passer d’une technique à l’autre très rapidement. Je ne reviens pas sur certaines subtilités mais il y a bien des différences entre la pêche en nymphe dite à la française, la pêche à l’espagnole, la pêche à la tchèque ou à la polonaise. Ces différentes techniques de pêche en nymphe ont toutefois un point commun : il faut utiliser des cannes plutôt longues (9’6 à 11’) pour des soies fines (n°0 à n°5) avec des actions précises, sensibles et délicates.

Avec sa longueur de 10’ cette Recon peut recevoir des soies n°1 à n°3 (naturelles ou artificielles). J’ai essayé différentes soies pour pratiquer des techniques variées avec précision. J’affectionne particulièrement une soie naturelle n°2 pour les pêches très fines, mais j’utilise également cette canne avec une soie n°3 synthétique comme la Scientific Angler VPT ou la Hydros HD trout. Les anneaux sont positionnés pour limiter au maximum les effets de « ventre » avec la soie. La ligne se tient bien droite entre chaque anneau ce qui améliore la réactivité au ferrage. Je n’utilise que des bas de ligne de 4,5 m à 6 m de longueur mais ceux qui pratiquent la pêche en nymphe avec plus de 10 m de fil en guise de bas de ligne n’auraient aucun mal à utiliser cette canne qui demeure très précise.

En action de pêche, j’ai pu utiliser cette canne dans des configurations assez différentes et je dois dire que j’ai même osé les extrêmes. Je me suis demandé si cette Recon spéciale nymphe pouvait m’accompagner sur des rivières de 5 à 10 m de largeur où les truites mesurent généralement entre 20 et 30 cm mais aussi dans des rivières à ombre bien plus larges.

En utilisant des nymphes lestées d’une bille en tungstène de 2,5 mm à 3,8 mm, l’action de la canne permet de bien propulser les mouches avec précision. La prise de contact se fait facilement dès que le bas de ligne commence à se tendre. La maîtrise des dérives est facilitée par la longueur même si 10’ dans une grande rivière ce n’est pas si long mais dans la majorité des rivières que je pêche c’est très bien. La sensibilité du scion permet d’animer les nymphes délicatement et de ressentir les reliefs du fond ou les touches ! Il est bien entendu conseillé de visualiser correctement son indicateur pour ferrer très rapidement et ne pas attendre de sentir le poisson au bout de la canne ce qui signifie souvent qu’il est trop tard…

La bonne entrée en matière s’est présentée lorsque Matthias et moi nous sommes retrouvés pour deux journées de pêche au bord de la Dordogne et de la Maronne. Les poissons ne gobaient malheureusement pas autant que nous l’espérions et la seule véritable alternative pour réussir à prendre quelques poissons était de peigner les courants avec une ou deux nymphes en fonction de la profondeur. Aborder la Dordogne avec une canne pour soie n°3 alors que le débit est un tendu, c’est un peu risqué si les grosses truites sont à table mais ça se tente ! Je n’ai pas ferré de monstre lors de cette session, j’ai tout de même pris de jolis poissons jusqu’à 45 cm (ombres et truites).

Ce n’est qu’au coup du soir que j’ai pu tester la Recon pour pêcher en sèche à Beaulieu où les truites gobaient des spents. En l’absence de vent, je n’ai pas peiné à allonger un bas de ligne de 6 m avec une dizaine de mètres de soie. Toutes les cannes spécifiques à la pêche en nymphes ne permettent pas de faire ce genre de chose facilement. Didier Magnan l’écrivait dans un article test de Pêche Mouche et je l’ai constaté par moi-même à plusieurs reprises.

En dehors de l’expérience corrézienne, en 2017 j’ai eu la possibilité de pêcher des rivières du Massif Central et des Pyrénées avec cette canne en loisir et lors du championnat de France 1ère division. J’ai pratiqué la Dore, l’Anse du Nord, l’Adour et l’Arros avec la Recon 10’ soie 3. Globalement la nymphe au fil était très payante sur ces rivières même si la sèche ou la pêche en sèche/nymphe donnaient de bons résultats également. Sur l’Arros j’ai dû pêcher avec la plus grande discrétion pour réussir à prendre des truites en sèche sous une végétation assez dense. Les eaux limpides et la vigilance des truites de cette rivière ne laissaient pas de place à la moindre erreur d’approche et de lancer. La Recon m’a bien aidé à ce jeu-là d’autant plus que je décroche très peu de poissons avec cette canne.

Photo prise par Cedrick Arnault lors d’une manche de D1 Rivière

Pour faire le parallèle avec l’Helios 2 10’ soie 3, je dirais que la Recon 10’ soie 3 est plus douce et plus sensitive pour pratiquer la pêche en nymphe. L’Helios 2 s’avère très polyvalente mais elle n’avait pas été conçue spécifiquement pour une technique en particulier et peut sembler un peu trop puissante pour des pêches très délicates en nymphe. Rassurez-vous mon Helios2 ne reste pas au placard, c’est pour ma part l’une de mes cannes favorites notamment pour pêcher en sèche et en nymphe à vue.

J’espère que cette présentation vous aura permis de mieux cerner cette canne Orvis.

A bientôt pour un prochain article.

Florian

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