Montage d’une March Brown

Parmi les mouches qui peuvent rendre les truites littéralement  folles, la March Brown ou brune de mars se classe dans le top 5 ! Si vous n’avez jamais vu une truite monter à toute vitesse du fond vers la surface pour gober, je vous invite à vous rendre sur une rivière où cette mouche éclos en nombre. Ne soyez pas surpris de voir des gobages dans des courants vifs et profonds…

Pour de nombreux pêcheurs à la mouche, l’ouverture de la pêche à la truite en rivière est synonyme de pêche en sèche et si vous avez encore une place dans votre boîte à mouche, je vous conseille de vite combler ce vide avec une bonne imitation de Rhithrogena germanica (nom latin de cette grande éphémère brune).

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Une belle brune de mars est restée quelques instants sur la poignée de la canne de Thibault.

Sans rentrer trop dans les détails, il faut savoir que la larve de cette éphémère est présente dans de nombreux cours d’eau et qu’elle se positionne plutôt dans les courants vifs bien oxygénés. Lors de son passage du stade de larve aquatique au stade subimago ailé, cet insecte remonte rapidement vers la surface et réalise sa transformation dans les courants. Les poissons se concentrent généralement sur les « émergentes » et les subimago dont la vulnérabilité est grande. L’éphémère reste quelques secondes sur la surface chahutée par les mouvements d’eau et les truites ne manquent pas de se « gaver »  pendant la courte période d’éclosion (entre midi et quinze heure généralement de mars à avril).

Voici l’une de mes mouches fétiches pour l’ouverture.

Matériel :

Hameçon droit hampe normale taille 12 ou 10. Exemple : Gamakatsu F11

Soie de montage orange brique 8/0.

Cerques : plume de coq pardo (miel rayé)

Corps et Thorax : dubbing de masque de lièvre.

Cerclage : quill de substitut de condor ou soie de montage épaisse (couleur : brune ou ambrée).

Ailes : plumes de CDC gris naturel + fibres de flanc de canard (bronze mallard).

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Première étape : monter la soie sur l’hameçon en laissant un espace d’environ 3 mm entre l’œillet de l’hameçon et la soie.
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Réaliser un sous corps en soie de montage et créer une légère sur-épaisseur avant la courbure. Ce détail aide à positionner les cerques.
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Montage des cerques en fibres de coq Pardo (Cordoleon). La longueur des cerques doit être égale à la longueur de la hampe.
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Pour la réalisation du cerclage du corps, j’utilise un quill de substitut de condor de couleur brune ou légèrement ambrée (variante : il est possible de remplacer le quill par un brin de soie de montage épaisse ou d’un tinsel plat doré). Je réalise ensuite une boucle à dubbing à l’aide de laquelle je twiste un dubbing de poils de masque de lièvre.
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Etape de réalisation du corps en dubbing de lièvre avant cerclage.
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Corps en dubbing de lièvre cerclé du quill de substitut de condor. Je tourne le quill dans le sens inverse du dubbing afin de bien anneler le corps. Je prépare une dernière boucle à dubbing que je twiste avec des poils assez longs de masque des lièvres.
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Le dubbing de lièvre doit être brossé pour lui donner un aspect ébouriffé et aéré.
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Pour confectionner l’aile je superpose deux plumes de CDC gris naturel dont les fibres sont longues.
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Lors de la pose des plumes de CDC, il est nécessaire de les « coiffer » afin de les fixer facilement l’une sur l’autre en orientant les pointes vers la hampe de l’hameçon. Faire deux ou trois tours de soies maximum.
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Pour bien former les ailes, je tire sur la pointe des deux plumes de CDC d’une main en maintenant bien le porte bobine de l’autre main. Les plumes glissent vers l’arrière de la mouche tout en restant positionnées sur le haut de l’hameçon. Les fibres de CDC se retrouvent regroupée. Lorsque le toupet formé par les fibres est assez dense, je serre bien les tours de soies de montages qui emprisonnent les plumes de CDC. Ensuite je passe ma soie de montage de l’autre côté du toupet pour ligaturer les rachis de plumes de CDC en conservant un maximum de fibres de CDC dans le toupet. Cette technique permet d’exploiter au maximum les plumes de CDC et limite la sur-épaisseur créée lors de la confection des ailes.
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Une fois la ligature des plumes terminée, les fibres sont bien regroupées sous forme d’un toupet assez fourni. Il est nécessaire de couper les excédents de plumes à l’aide de ciseaux précis. Pour ce montage, je me suis permis de positionner une pincée de fibres de plume de flanc de canard (bronze mallard) de chaque côté du toupet de CDC. Ce détail apporte du réalisme au niveau des ailes mais il n’est pas indispensable pour prendre les poissons ! Pour la réalisation du thorax, il suffit d’enrouler le dubbing de lièvre de part et d’autre de l’aile en CDC. Une fois cette étape terminée, il faut réaliser une jolie tête en soie de montage lors de la réalisation du nœud final en prenant soin de ne pas obstruer l’œillet de l’hameçon.
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March Brown terminée ! Voilà une imitation de subimago de Rhithrogena germanica qui devrait vous faire prendre quelques poissons en sèche dès l’ouverture.

A vous de jouer !

Florian

 

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