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Chaussures Pro boot : Orvis et Michelin font la paire !

« Alors ces chaussures de pêche elles tiennent la route ? »

Voilà la question que me posent certains pêcheurs non pas sans humour. Je pourrai facilement répondre « oui très bien, mais c’est dans les rivières que je les préfère ». Soyons sérieux, les chaussures de wading PRO Boot sont faites pour les pêcheurs exigeants qui ne ménagent pas leurs efforts quand ils sont à la pêche.

Une collaboration audacieuse entre deux marques prestigieuses c’est la promesse d’un équipement performant, qu’en est-il vraiment ?

Sur la plupart des supports de communication, Orvis et Michelin affichent 285 années d’expérience cumulée. C’est un argument de poids qui résume bien tout le chemin parcouru par ces deux marques pour se hisser parmi les leaders dans chacun de leur domaine de prédilection. Orvis a travaillé sur la conception de ces chaussures en privilégiant le confort et la résistance, Michelin a déployé son savoir-faire pour créer une semelle dont l’adhérence doit être la plus performante possible sur des substrats variés et humides.

Comme pour tous ses produits, Orvis a innové en utilisant des techniques de fabrications inédites dans le milieu de la pêche. Les concepteurs de ces chaussures ont su allier les techniques modernes de fabrication avec des matériaux résistants aux contraintes de la pêche en wading. Le design affiche un style très moderne cohérent avec la technicité mise en œuvre pour que ces chaussures soient légères et fiables.

Un jeu d’assemblage innovant :

Quand d’autres marques conçoivent des chaussures avec des coutures triples, Orvis prend le parti de réduire leur nombre en façonnant les chaussures à base de pièces préformées. Cette technique peut sembler légère au premier abord mais en réalité, nous avons souvent constaté que les chaussures de wading s’usaient généralement au niveau des coutures. Avec une structure spécifiquement développée pour cette chaussure, Orvis a donc le moyen d’éliminer des points d’usure qui peuvent rapidement apparaitre sur des chaussures parfois très haut de gamme.

Et les semelles Michelin dans tout ça ?

Voilà bientôt 3 mois que je possède les chaussures de wading Orvis Pro Boot et elles m’ont accompagnées sur différents terrains, dans différentes rivières. Si pour les pneus de voiture Michelin fait de très nombreux adeptes, en matière de semelles de chaussures de wading personne ne connaissait la marque française il y a quelques mois de cela. Alors même si mon côté chauvin me rendait fier de voir une « French Touch » sur des chaussures Orvis, j’espérais ne pas me retrouver en difficulté dans le premier courant que j’allais traverser !

Je précise que pour point de comparaison, j’ai trainé mes chaussures Access Vibram dans de nombreuses rivières pendant quatre ans… Vibram et Orvis ont développé des semelles dont l’adhérence est déjà très polyvalente. Orvis et Michelin sont allés au-delà des performances des semelles Vibram. La marque Orvis revendique une accroche supérieure de 43% comparativement sur sol mouillé à des semelles en gomme concurrentes. En tant que pêcheur, je ne suis pas à même d’évaluer le pourcentage exact de différence d’adhérence sans outil de mesure mais j’ai bien ressenti une différence en me rendant sur des parcours que j’arpente habituellement avec prudence. L’accroche est meilleure et je me suis senti en sécurité.

L’ajout de crampons Posigrip est possible grâce aux emplacements préformés sous les chaussures. Si vous désirez bénéficier d’un grip supplémentaire, c’est un plus indéniable.

Et par rapport au feutre, l’accroche est meilleure ?

Cette question, beaucoup d’entre vous doivent se la poser. D’abord, comparons ce qui est comparable. Le feutre et la gomme sont des matériaux très différents au regard de leurs structures. Nous comparons rarement la laine et le néoprène. Ces deux matériaux ont de très bonnes capacités thermiques mais ils sont différents ce qui induit des avantages et des inconvénients. Entre le feutre et la gomme, l’adhérence est naturellement différente mais à la différence du feutre, la gomme est façonnable et sa texture peut également être modelée en fonction de l’application. C’est bien là que le savoir-faire de Michelin devient un sacré avantage. En jouant sur la texture de la gomme et sur les reliefs des crampons, les concepteurs des semelles de chaussures de wading PRO ont trouvé une recette gagnante sur la plupart des substrats.

Objectivement, le feutre adhère très bien lorsque des substrats lisses sont recouverts d’un film biologique mais en réalité, les crampons des semelles en gomme combinés à des crampons en tungstène offrent une adhérence plus polyvalente. La gomme ne parviendra peut-être jamais à détrôner le feutre dans certains cas mais par rapport aux défauts du feutre, je préfère glisser un peu plus dans quelques cas et accrocher correctement sur tous les sols que de ne pas glisser sur des galets mais finir à plat ventre en montant sur la berge !

Être bien dans ses « pompes » :

Côté confort, les PRO Boots se hissent parmi les meilleures chaussures que j’ai pu utiliser. Pesant environ 710 g chacune en pointure 43 (Taille 10), ces chaussures demeurent légères même lorsqu’elles sont mouillées. Dans la mesure où les matériaux utilisés s’imprègnent peu de l’eau, les PRO Boots évacuent très vite l’eau ce qui évite d’avoir l’impression d’avoir des « enclumes » à chaque pied ! Le chaussage est facilité par une ouverture large et une anse facile à prendre en main à l’arrière de la chaussure. Le système de laçage est performant à condition de bien prendre soin d’ajuster le serrage des lacets avant de les nouer. La semelle intermédiaire en mousse EVA et l’intérieur molletonné de la chaussure rendent le port de ces chaussures très agréable même sur des terrains accidentés. L’amorti est très bon ce qui permet de marcher de la même manière qu’avec des chaussures de randonnée.

Aparté au sujet du feutre :

Comme de plus en plus de pêcheurs qui pratiquent le wading, je privilégie de plus en plus l’utilisation de chaussures sans semelles en feutre. Il y a plusieurs raisons à cela :

  • Le feutre est potentiellement vecteur d’organismes invasifs qui à terme peuvent avoir un effet dévastateur sur les milieux aquatiques. Certaines destinations de pêche interdisent à juste titre les chaussures à semelles en feutre pour limiter les risques biologiques.
  • Les semelles en feutre sont composées de fibres de plastiques très fines qui polluent au fur et à mesure que les semelles s’usent. On parle des microplastiques qui intègrent la chaine alimentaire en finissant dans nos estomacs.
  • Les semelles EN feutre s’usent plus rapidement que la gomme et n’adhèrent pas correctement sur les berges ou l’herbe humides ou dans la boue. On peut toujours mettre des crampons métalliques et remplacer régulièrement les semelles en feutre, cela constitue un coût ce qui s’avère souvent moins économique que la semelle en gomme.
  • Le feutre met longtemps à sécher contrairement à la gomme ce qui favorise le développement des moisissures sur les chaussures et le développement d’odeurs désagréables.

Sur cette dernière parenthèse de pêcheur « éco-responsable » j’espère que cette présentation est assez complète pour répondre à toutes vos questions.

Merci de m’avoir lu !

Florian

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La fourmi ailée : montage simple et efficace !

Ce montage de fourmi est facile à réaliser en moins de 5 minutes !

Si la mouche de mai est la reine des mouches sèches à la fin du printemps, la fourmi vient la détrôner en été. Quelle que soit la région dans laquelle vous vivez et vous pêchez, les poissons ont sans doute un goût prononcé pour les fourmis ailées.

Sans rentrer dans les détails entomologiques, les fourmis prennent leur envol pour créer des colonies à distance de celle de leur naissance. Comme la plupart des hyménoptères, les fourmis constituent des essaims en fonction des périodes et cela donne lieu à des moments de frénésie chez les poissons qui ne manquent pas de gober tous ces petits insectes lorsqu’ils tombent sur l’eau. Dans ce genre de cas, mieux vaut avoir quelques bonnes fourmis dans votre boîte sinon la menace du capot pèsera au-dessus de votre tête !

Fourmi ailée photographiée en partant à la pêche !

Cela fait un bon bout de temps que je confectionne mes propres mouches et j’ai passé des heures à essayer des montages de fourmis parfois bien compliqués pour des résultats parfois décevants. J’ai donc fait du ménage et conservé ce montage avec des ailes irisées qui permet de pêcher toutes sortes de poissons gobeurs un peu partout. Les variantes sont permises ! Selon la taille et la coloration des fourmis que vous observées sur vos lieux de pêche, il est important d’adapter ce montage de base en le déclinant pour imiter au mieux les proies des poissons.

Pour la réalisation de cette mouche je vous conseille d’utiliser des hameçons de taille 16 à 22 avec une hampe plutôt courte et une bonne ouverture. Voici la liste des 4 matériaux essentiels :

  • De la mousse haute densité noire ou marron type « foam ». Ce matériau flotte bas sur l’eau et il est facile à façonner.
  • Une soie de montage 8/0 ou 10/0 de couleur foncée (noire ou brune).
  • Un dubbing synthétique ou naturel qui imite bien des pattes d’insectes  (substitut de poils de phoque, poil d’oreille de chevreuil ou ice dubbing).
  • Du film souple translucide au reflets irisés. Si la couleur irisée effraie les poissons, j’utilise un matériau type « zinc » translucide pour faire les ailes.

Pour conclure, vous pouvez considérer que c’est une vraie mouche de globe-trotteur !

A bientôt pour un autre article !

Florian

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Mirage LT : plus léger, plus doux et 100% Made in USA !

Moulinet Orvis Mirage LT : plus léger, plus doux et 100% Made in USA !

Après avoir marqué un renouveau remarquable avec le moulinet Mirage USA, la firme américaine a conçu un modèle plus léger avec un système de frein plus doux pour pêcher principalement en rivière.

La quête de la performance chez Orvis a fait naître plusieurs générations de moulinets dont certaines font toujours parler d’elles ! Avec les Mirage 1ère génération de nombreux pêcheurs de renom et de guides de pêche disposaient d’un équipement dont la puissance de freinage permettait de faire face aux prédateurs les plus rapides et puissants comme le thon rouge, le sailfish ou en encore le requin mako.

Les pêcheurs à la mouche n’hésitent plus à tenter de prendre des poissons records avec un matériel qui peut parfois sembler assez léger. Pour aller encore plus loin dans le développement, Orvis a choisi de produire aux Etats-Unis et plus particulièrement dans le Vermont le Mirage USA qui dispose d’un frein très performant et d’un design à la fois très moderne et brut. En 2017 le moulinet Mirage USA est allé au-delà des performances de la première génération de Mirage Big Game en proposant un système de frein à disque étanche très efficace et réglable en 360°. Développé principalement pour des poissons puissants, le Mirage USA est pourvu d’un système de frein qui peut sembler un peu trop puissant au démarrage même avec un réglage minimum. Cette remarque a été formulée par plusieurs spécialistes des techniques des pêches fines destinées aux salmonidés comme la truite fario. Les ingénieurs d’Orvis se sont rapidement mis au travail pour créer une gamme de moulinets Mirage plus légers avec un système de frein plus doux mais toujours étanche avec un système de réglage en 360°.

C’est lors du meeting annuel Orvis au bord de la Test et de l’Itchen que j’ai découvert le Mirage LT. J’ai très vite reconnu le design inimitable du Mirage USA avec toutefois des différences qui confèrent au Mirage LT sa légèreté sans altérer sa solidité. En matières de conception et d’usinage, la firme américaine propose un moulinet remarquable. Les lignes épurées du bâti sont superbes et la bobine très ajourée rappelle le style des moulinets Mirage Big Game et Mirage USA. C’est une version allégée mais qui conserve des éléments de design des générations précédentes. Plus étroit de 30% et plus léger de 30% comparativement au modèle USA, le Mirage LT est fait pour bien équilibrer les cannes très légères utilisées pour la pêche des salmonidés. Le modèle taille 2 s’associe très bien avec des cannes de 9’ soie 5 à 10’6 soie 3 par exemple.

Comme un enfant qui découvre un jouet, je me suis mis à faire tourner le moulinet et testant le frein puis en dévissant la bobine, j’ai découvert un nouveau dispositif pour associer la bobine au cylindre de frein. A la place d’une forme triangulaire, le face interne de la bobine est usinée en forme de rosace qui permet d’associer la bobine au bâti plus facilement. Un petit détail qui a toute son importance lorsque l’on est au bord de l’eau !

Un autre détail, la bobine est équilibrée par un contrepoids qui ne présente aucun relief ce qui ne posera aucun problème de contact avec la soie lors d’un lancer ou d’un combat par exemple. Aucun « jeu » parasite n’est perceptible lors du maniement du Mirage LT ce qui témoigne encore une fois de la qualité de fabrication de ce moulinet. La fabrique basée dans le Vermont utilise des technologies de pointe similaires à celles utilisées pour la fabrication de matériel qui équipe l’armée américaine. C’est un véritable gage de fiabilité et de durabilité. Pour ce moulinet, la firme utilise une barre d’aluminium haute qualité 6061 T6. Toutes les pièces sont usinées dans la masse pour un maximum de solidité. Pour plus de légèreté et une résistance à toute épreuve, l’arbre centrale du moulinet est en titane.

Par rapport au système de conversion gaucher/droitier, une clé permet d’ouvrir le cylindre de freinage et d’accéder à la pièce qui oriente le sens de rotation du moulinet.

Cette pièce est bicolore (rouge et verte) de manière à visualiser facilement de quelle manière le moulinet est ou sera réglé. Petit conseil : il est très important d’inverser le sens de la pièce en prenant soin de ne pas faire tourner le mécanisme de freinage. Une fois la pièce inversée et en place, il faut refermer le cylindre de frein soigneusement ceci pour bien assurer l’étanchéité du bloc de freinage.

Moulinet Orvis Mirage

Après cette présentation basée sur la mécanique et l’esthétisme, qu’en est il en action de pêche ?

J’ai eu la chance de pêcher avec le Mirage LT II en Angleterre sur la Test au contact de truites de 35 à 55 cm plutôt sollicitées. Qui dit eau claire et poissons délicats, il vaut mieux être discret et pêcher fin pour sortir son épingle du jeu. Ça tombe bien, le Mirage LT a été développé pour pêcher dans ce genre de situation.

Sur la Test, il est courant de devoir pêcher en 0,12 mm et même en 0,10 mm pour séduire les ombres. Les plus beaux sujets sont rarement en plein milieu d’un espace bien ouvert et propre ! Il faut plutôt chercher les poissons à proximité des berges, des herbiers ou sous les frondaisons. Ferrer une truite de 45 cm dans en 0,12 mm nécessite de pouvoir freiner en douceur mais efficacement pour éviter que le poisson passe dans un obstacle et finisse par casser le fil. C’est bien là que le Mirage LT s’avère excellent. Dès que le poisson démarre, le frein s’active en douceur pour limiter le risque de casse. Durant le combat, la molette de réglage à 360° est un vrai plus pour moduler efficacement l’intensité de freinage sans exercer plusieurs tours de molette.

Pour conclure, je dirai que le look de cette version « Light » du Mirage USA me plait beaucoup mais en plus ses performances ont vraiment de quoi séduire les pêcheurs les plus exigeants. Dans la catégorie des moulinets haut de gamme Made in USA, ce modèle va sans doute bousculer quelques références !

Florian

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L’Emergam : une émergente de gammare redoutable !

Parmi les mouches indispensables pour le printemps figure la fameuse « Emergam » !

Les truites raffolent des gammares qu’elles viennent gober dans la pellicule en provoquant des gobages goulus. J’ai longtemps cherché une imitation pour ferrer les poissons durant une éclosion de gammares mais cela n’a pas été simple. J’ai enfin trouvé la bonne mouche et mes copains ne cessent de me demander de leur montrer. Alors exceptionnellement je vais vous révéler une mouche très secrète !

  1. Pincez un hameçon courbe taille 14 à 10 dans votre étau.

2  A l’aide d’une soie de montage olive, réalisez une petite queue en CDC olive.

3 Fixez une bandelette en latex olive et un morceau de tinsel métallique or

4 Réalisez un dubbing à base de substitut de phoque olive et de dubbing UV.

5 Enroulez le dubbing (les monteurs avertis peuvent insérer un spot orange au milieu du corps).

6 Recouvrez le dubbing avec la bandelette de latex et réalisez un cerclage pour imiter la carapace du gammare.

7 Fixez une pincée de fibres de CDC olive vers l’arrière.

8 Réalisez une aile enroulée (loop) en CDC en laissant dépasser le toupet et fixez quelques fibres de CDC à l’envers sous le thorax pour imiter des pattes.

Indication : si j’ai choisi le 1er avril pour publier ce montage ce n’est pas par hasard ! C’est le seul jour où l’on peut observer ce phénomène particulier…

Florian

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Bas de ligne de pêche à la mouche : formules essentielles

Tapez « bas de ligne mouche » sur un moteur de recherche et vous trouverez des milliers de résultats ! Difficile pour quelqu’un qui cherche des formules éprouvées et efficaces de s’y retrouver… Voici quelques principes et bas de ligne pour mieux s’y retrouver.

Le choix du bas de ligne de pêche à la mouche : un casse-tête ?

N’étant pas diplômé en sciences physiques, je vais aborder de manière assez pragmatique différentes formes de bas de ligne et éviter de tomber dans le piège du « pouillème » de centimètre en plus en fonction du diamètre utilisé pour obtenir tel ou tel résultat.

Bien que mes amis ingénieurs puissent s’évertuer à imaginer de savantes feuilles de calcul sur Excel pour créer le bas de ligne parfait, il faut retenir un principe élémentaire : plus la conicité d’un bas de ligne est prononcée sur une longueur donnée et plus l’énergie sera transmise rapidement jusqu’à la mouche. La raideur d’un fil est un paramètre important pour réaliser un bas de ligne. Tous les fils ne possèdent pas les mêmes propriétés.

Si la gestuelle du pêcheur est bonne et qu’elle produit efficacement de l’énergie en actionnant correctement le matériel, c’est bien la combinaison des éléments cannes + soie + bas de ligne qui permet au pêcheur d’atteindre une cible. Il convient avant toute chose d’avoir de bonnes bases de lancer et de veiller à ce que la soie corresponde bien à la canne avec laquelle on désire lancer.

Mais lancer quoi et où au juste ?

On imagine mal lancer une mouche à brochet avec le même matériel et le même bas de ligne que pour lancer une mouche sèche sur hameçon n°20 ! C’est d’ailleurs pour ça que les pêcheurs à la mouche ont le choix entre de nombreuses références de cannes avec des actions plus ou moins rapides et une multitude de soies flottantes, intermédiaires, plongeantes. A ce propos, s’il existe différents profils de soies c’est aussi pour permettre au pêcheur de lancer différentes sortes de mouches.

Un pêcheur qui désire lancer une mouche sèche dans un torrent pour « bénir l’eau » (garder la canne haute en ne laissant que la mouche sur l’eau) aura tendance à utiliser une canne longue de 9’ à 10’ avec une soie DT et un bas de ligne très rapide débutant en 0,45 mm et se terminant en 0,12 mm pour gagner en précision. Ce même pêcheur ira sans doute lancer un steamer en lac avec une canne de 9’6 soie 6 chargée d’une soie WF et d’un bas de ligne long de 3 m en un seul morceau de 0,18 mm pour bien faire nager sa mouche et gagner en discrétion. Plus que de savoir quelle est la formule exacte pour pêcher tel poisson dans telle situation, il est important de savoir comment réagit un bas de ligne en fonction de l’action de pêche.

Le choix du fil

Plus un fil est rigide et plus il est apte à restituer un maximum d’énergie. En fonction des marques, il existe des différences et à diamètre égal, deux fils en nylon de marques différentes peuvent se comporter très différemment. Aussi, un bon fil pour créer la partie principale du bas de ligne n’est pas pour autant un fil idéal pour réaliser la pointe du bas de ligne. Le fil MAXIMA Camo par exemple est l’un des plus rigides du marché. C’est d’ailleurs cette caractéristique qui en fait l’un des nylons les plus utilisés par les moucheurs pour confectionner un bas de ligne. Si un nylon rigide s’avère excellent pour construire un bas de ligne à nœud c’est avant tout pour bien conduire l’énergie, mais pour la pointe du bas de ligne, un fil plus souple et plus élastique améliorera sensiblement la présentation de la mouche tout en amortissant davantage les ferrages. Pour ce qui est de la résistance au nœud en diamètres fins, les nylons haut de gamme ou les fluorocarbones sont nettement plus solides que la plupart des bons fils pour construire le bas de ligne.

Bas de ligne à nœuds ou sans-nœud ?

Sur le marché, plusieurs modèles de bas de ligne sont disponibles avec des longueurs et des profils variés. La qualité du fil (nylon ou fluorocarbone) varie selon les marques et selon les références. Il est souvent difficile pour un débutant ou un pêcheur à la mouche occasionnel de s’y retrouver…

Pour des questions de simplicité et d’efficacité les bas de ligne sans-nœud aussi nommés «  bas de ligne queue de rat » peuvent convenir dans la plupart des situations de pêche. Ce type de bas de ligne convient très bien aux pêcheurs qui vont à l’essentiel. Ils présentent plusieurs avantages puisque l’absence de nœud améliore la glisse dans les anneaux au moment de sortir la soie ou lors d’un combat. La conicité du bas de ligne est généralement bien répartie sur la longueur (en dehors de la pointe qui peut être longue d’un mètre en diamètre fin). L’inconvénient de ce type de bas de ligne c’est d’abord la qualité du fil.

Les bas de ligne sans-nœud peuvent être conçus à partir de fil dont la solidité est rarement à la hauteur d’un bon fil de pêche vendu en bobine de 50 m. Or, lorsqu’on connecte une pointe en 0,15 mm sur un bas de ligne qui se termine en 0,21 mm il est parfois surprenant de casser au niveau du bas de ligne et non au niveau de la pointe. Orvis a d’ailleurs pris soin de mettre au point les bas de ligne Superstrong Plus en leur conférant les mêmes propriétés de résistances à diamètre égal que le fil Superstrong Plus conditionné en bobine. Autre point faible du bas de ligne sans nœud : les modifications de profils en cours de pêche sont limitées. A partir du moment où l’on décide de couper le bas de ligne pour le modifier, ce ne sera plus jamais le même bas de ligne mais est-ce une vraie contrainte ?

Les bas de ligne à nœud présentent l’avantage d’être déclinés et déclinables dans une multitude de formules… Certains pêcheurs très pointilleux utilisent des formules d’une incroyable complexité avec des mesures très précises pour la longueur de chaque portion de fil de différents diamètres qui composent le bas de ligne. Mon expérience dans le domaine est plus pragmatique que scientifique. J’accorde de l’importance au profil général d’un bas de ligne à nœud (à sa progressivité ou à sa dégressivité) mais je ne suis pas à un cm près et s’il me manque du 0,25 mm je n’ai aucun scrupule à mettre du 0,22 ou du 0,275 à la place ! Ce qui m’importe c’est le comportement général du bas de ligne par rapport au type de poser que je veux accomplir. C’est d’ailleurs tout l’intérêt des bas de ligne à nœud, il existe trois types de bas de ligne et en fonction de ce que le pêcheur souhaite réaliser, il peut construire le bas de ligne sur mesure qui lui permettra de réaliser le poser parfait.

Imaginez une rivière plutôt rapide avec des postes bien marqués, dans cette configuration la précision est le facteur de réussite n°1. Les dérives sont généralement courtes et la mouche doit être guidée sur les postes avec un maximum de précision. Si votre mouche dérive sur l’eau sans jamais passer sur les postes ciblés, il y a peu de chance pour qu’un poisson s’y intéresse. Il faudra donc un bas de ligne très dynamique (dont la conicité est très marquée) pour conduire un maximum d’énergie jusqu’à la pointe du bas de ligne et gagner en précision.

Pour pêcher en sèche sur une rivière moyenne ou large

En principe les cours d’eau s’élargissent dans les fonds de vallées et dans les plaines et la vitesse du courant ralentit. Toutefois, les postes ne sont pas aussi marqués, les dérives peuvent être plus longues mais le dragage devient un risque majeur de refus ! Un bas de ligne très dynamique permet de lancer vite et précisément en direction d’un poisson en poste mais si celui-ci n’autorise pas la réalisation de posers décalés ou en courbe, les différents courants qui rident la surface de l’eau peuvent rapidement entraîner le dragage de votre mouche sèche. Dans ce cas un bas de ligne dont le dynamisme est modéré permettra de mieux accomplir des lancers techniques qui peuvent parfois « stopper » l’afflux d’énergie vers la mouche pour réaliser un poser très détendu qui garantira une dérive très naturelle à la mouche afin qu’elle ne drague pas en arrivant à la hauteur du poisson ciblé.

Pêche en sèche en rivière petite et moyenne

Sur ce genre de rivière, les postes sont généralement marqués et courts. La précision est de rigueur et il faut privilégier des bas de ligne dynamiques de longueur comprise entre 3 et 6 m avec la pointe.

Bas de ligne de pêche à « l’espagnole »

La pêche dite « à l’Espagnole » est la seule technique de pêche à la mouche où c’est réellement le poids de la nymphe qui sert à propulser la ligne ! Il est donc essentiel que le bas de ligne coulisse parfaitement dans les anneaux et oppose le moins de résistance possible au vent.

Pour pratiquer la pêche « à l’espagnole » il est nécessaire d’utiliser un bas de ligne long de 5 à 12 m en nylon fin construit à partir d’une portion de fil de diamètre compris entre 0,16 mm et 0,20 mm. Certains pêcheurs n’utilisent que du fil fluo pour confectionner le bas de ligne, d’autres utilisent un fil incolore et y ajoute une portion de fil coloré de 30 cm en guise d’indicateur. La pointe peut être raccordée au bas de ligne à l’aide d’un micro anneau ou d’une micro boucle. Ce type de bas de ligne améliore la qualité des dérives puisqu’il est très léger et sa prise au vent est plus faible qu’un bas de ligne classique.

Mon bas de ligne de pêche à la mouche polyvalent :

Comme j’aime pratiquer différentes techniques de pêche lors d’une même sortie et que partir avec deux cannes différentes au bord de l’eau n’est pas toujours idéal, j’ai adopté un bas de ligne « hybride » qui me permet de passer facilement d’une technique à une autre en conservant des qualités de présentation très satisfaisantes. Comme base je me sers d’un bas de ligne sans nœud de 9′ à 14′ auquel j’ajoute un partie de nylon indicateur fluo de 0,18 mm à 0,27 mm de diamètre. 

Exemple de bas de ligne :

Le bas de ligne sans nœud est parfait pour transmettre l’énergie et sa glisse dans les anneaux est adaptée aux pêches à courte distance en nymphe. La présentation n’est pas exactement la même qu’avec un bas de ligne de pêche à l’espagnole pour la pêche en nymphe mais elle s’en rapproche. C’est un bon bas de ligne pour pratiquer la pêche en nymphe au fil « à la française » et je l’affectionne pour la pêche en sèche, en sèche/nymphe et même en noyée. Un vrai bas de ligne à tout faire.

Astuce : si vous souhaitez réaliser vos indicateurs avec un nylon multicolore bien visible, le Tactical Saighter Orvis est pas mal du tout.

Pêche des carnassiers ou des poissons exotiques avec de grosses mouches

J’entends par « grosses mouches » des streamers, des poppers ou gurglers montés sur des hameçons de taille supérieure à n°2. Il est très rare de pêcher avec des soies fines et des pointes de bas de ligne de diamètre inférieur à 0,40 mm ce qui induit que même un bas de ligne ultra simple de 2,50 m en un seul brin conduit déjà très bien l’énergie. Les bas de ligne « queue de rat » sans nœud vont permettre de mieux assurer la transmission de l’énergie entre la soie et la mouche mais pour les très gros streamers à brochet, le bénéfice de ce genre de bas de ligne est quasi imperceptible. Orvis propose un Polyleader spécial brochet efficace et facile à connecter qui assure une bonne présentation des gros streamers et la solidité nécessaire pour éviter de perdre un poisson armé de dents tranchantes !

Matthias Parre utilise des bas de ligne courts et robustes pour traquer les brochets de la Dordogne.

Plus que le bas de ligne c’est le fuseau de la soie qui va assurer la présentation de la mouche en la guidant jusqu’à la cible.

Les poissons prédateurs se pêchent essentiellement avec des bas de ligne spécifiques de moins de 3 m et sur cette longueur un fil dont le diamètre peut être compris entre 0,60 mm à 0,90 mm transmet parfaitement l’énergie nécessaire pour présenter convenablement un streamer. Pêche de poste, pêche à vue ou pêche sur chasse, il est très rare de devoir employer des bas de ligne longs pour traquer les poissons prédateurs et cela nous arrange bien ! Il faut à tout prix éviter de rentrer la connexion soie/bas de ligne dans les anneaux. Aussi fine qu’elle soit, la connexion soie/bas de ligne peut à tout moment se bloquer dans un anneau alors que le combat est sur le point de se terminer. Un tarpon, une carangue ou un brochet qui tente un dernier départ peut alors « exploser » une canne !

Prenez vos marques :

Comme chacun a ses habitudes et qu’à la pêche, la pratique est souvent très riche en enseignements, je vous invite à faire des essais et à retenir les formules de bas de ligne qui vous conviennent le mieux.

En espérant vous avoir éclairci les idées, je vous souhaite plein de réussite dans vos sorties de pêche !

Florian

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Vidéo : Grosse truite à la mouche « I feel good »

Pour beaucoup de pêcheurs à la mouche, la nymphe à vue est sans aucun doute la technique la plus exigeante. Etre capable d’approcher une grosse truite, de lancer sans l’effrayer et de présenter la mouche naturellement est un challenge excitant !

Accompagné de Matthias Parre et de Lionel Armand, Thibault a réussi l’un de ses plus beaux coups de ligne en ferrant une truite fario monstrueuse. Du ferrage jusqu’à l’épuisette, ce poisson exceptionnel n’a pas fait de cadeau.

Ce poisson est retourner dans son élément et nous espérons qu’elle donnera du fil à retordre à d’autres pêcheurs !

Remerciements particuliers à Lionel Armand pour ses conseils et le guidage. N’hésitez pas à le contacter ici.

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Test de l’Helios 3F 10’6 soie 3

Après six années de recherche et de développement, c’est une Orvis Helios 3F 10’6 soie 3 qui a fait son apparition au printemps 2018. Ayant déjà noté une évolution très intéressante entre l’Helios 2 10’ soie 3 et la Recon 10’ soie 3 pour pratiquer différentes techniques de pêche en nymphe, j’espérais de cette H3F « made in USA » un niveau technique encore plus élevé, je ne suis pas déçu !

Un peu d’histoire :

En juillet 2017, Thibault et moi-même étions aux Etats-Unis pour rencontrer plusieurs membres de l’équipe Orvis dont les concepteurs produits de la gamme pêche. Nous étions ravis de rencontrer et pouvoir échanger avec l’emblématique Shawn Combs (directeur du département Recherche et Développement d’Orvis). Ce temps de travail avec Shawn et son équipe était une bonne opportunité pour nous de présenter, entre autres, certaines spécificités techniques que recherchent les pêcheurs français et européens pour pratiquer les techniques de pêche en nymphe modernes.

Forts des plébiscites consécutifs de l’Helios 2.0 – 10′ soie 3, véritable référence en terme de polyvalence pour les pêches en nymphe, sèche ou encore sèche/nymphe, puis de la Recon 10’ soie 3, ultra spécifique à la pêche en nymphe moderne. Nos amis américains avaient en tête de créer une canne sans compromis, aux performances dépassant toutes les attentes, alliant technicité optimale et polyvalence. Shawn nous a donc présenté une canne de 11’ soie 3 qui, à la prise en main, semblait déjà incroyable mais méritait cependant encore quelques améliorations notamment au niveau de la position des anneaux, afin de diminuer l’effet de « ventre » entre le premier anneau de stripping et la poignée, puis au niveau de la longueur de canne, qui nécessitait d’être légèrement diminuée pour davantage d’équilibre et polyvalence.

Nous avons aussi eu le plaisir d’échanger avec Jesse Haller, concepteur produit chez Orvis et compétiteur de classe internationale, bien au fait des problématiques de conception d’une canne de haute performance. Tout en tenant compte de nos remarques, l’équipe Orvis a collaboré avec un autre compétiteur célèbre nommé George Daniels, auteur des ouvrages  « Dynamic Nymphing » et « Nymph Fishing ». Passant près de 280 jours/an dans les rivières à truite, George est un expert incontestable des techniques modernes de pêche à la mouche. L’Helios 3F 10’6 soie 3 est bel et bien le fruit d’un travail fastidieux et d’une collaboration étroite avec des pêcheurs très exigeants.

Même si pour la plupart des pêcheurs à la mouche certains « effets de modes » liés au monde de la compétition passent inaperçus, je me confronte régulièrement à des pêcheurs chevronnés dont l’équipement ne laisse rien au hasard. En championnat de France 1ère division comme en championnat international c’est dans les détails que se cache la réussite. Etre au top techniquement ne suffit pas, il faut que tout s’accorde parfaitement pour réussir à prendre parfois un seul poisson de plus que les autres, mais c’est ainsi que l’on peut gagner un championnat. Il faut dire que la concurrence est rude ! De nombreuses marques proposent des cannes de 10’ à 11’ pour soie n°2 à n°4 dont les caractéristiques techniques répondent aux attentes des compétiteurs et des pêcheurs passionnés par les techniques fines. L’Helios 3F 10’6 soie 3 vient justement bousculer l’ordre établi.

Carl est un jeune compétiteur qui évolue en 2ème division du championnat de France de pêche à la mouche. Il a pu tester avec succès la H3F 10’6 soie 3 !

Tous les pêcheurs à la mouche n’ont pas pour vocation de faire de la compétition mais il faut admettre que ceux qui pratiquent les techniques modernes de pêche en nymphe en loisir sont de plus en plus nombreux. Le matériel a énormément évolué en moins de 10 ans et la notion de plaisir demeure très présente puisque les cannes s’affinent pour plus de confort mais aussi plus de sensations lors des combats. Le travail du carbone est une véritable science dont les ingénieurs les plus pointus connaissent de mieux en mieux les secrets. Chez Orvis, l’équipe de Shawn a durement travaillé sur chaque modèle Helios 3 afin d’ajuster les actions des cannes en fonctions des utilisations pour lesquelles elles sont destinées.

L’Helios 3 est livrée avec un tube en aluminium fabriqué aux Etats-Unis décoré des couleurs de la gamme H3. Une housse en tissu permet de ranger les éléments de manière ordonnée.

Dans les détails :

Cette canne de 10’6 (3,20 m) pour 98 g est montée avec un porte moulinet inversé (made in USA) et un talon de combat ce qui lui confère un très bon équilibre pour un minimum de fatigue en action de pêche. La poignée demi-cigare modifiée est légèrement évasée à son extrémité avant afin d’améliorer le positionnement du pouce et le confort d’utilisation. Le blank mat de couleur gris évite les reflets parasites et les anneaux serpentiformes indéformables Recoil ultra légers offrent une excellente glisse. Des points d’alignement sont également présent au niveau des emmanchements pour un ajustement parfait.

L’équilibre de cette canne est parfait !

Même si d’un point de vue purement techniques ces petits détails n’ont à mes yeux aucune importance, l’absence d’un accroche mouche et l’esthétisme résolument très moderne de cette canne peuvent surprendre certains pêcheurs. De mon point de vue, un accroche mouche c’est effectivement utile mais il y a des alternatives. J’utilise soit un petit élastique juste au-dessus de la poignée ou la base du premier anneau de stripping. En ce qui concerne le design de cette Helios 3, je comprends les choix de l’équipe Orvis qui hisse la pêche à la mouche au rang de sport au même titre que le VTT ou le ski par exemple. Le marquage blanc à la base de la canne ne m’a pas empêché de prendre de nombreux poissons même à vue. Il faut dire que si un poisson parvient à distinguer 15 cm de blank blanc, il y a de bonnes chances pour qu’il distingue aussi la main du pêcheur juste en dessous et le moulinet…

La précision à chaque instant :

La caractéristique n°1 revendiquée par Orvis pour l’Helios 3 c’est la précision. Dès les premiers lancers j’ai constaté que cette canne était un peu plus rapide que la Recon 10’ soie 3 et vraiment très précise. Grâce à la conception du blank, les vibrations sont extrêmement réduites. Très spontanément, j’ai réussi à poser mes mouches où je le souhaitais et de manière très naturelle. Il m’est arrivé d’utiliser des cannes très haut de gamme d’autres marques sans ressentir cette même facilité. On dit qu’une bonne canne permet au pêcheur de se concentrer sur la pêche plutôt que sur ses lancers, je vous assure qu’avec cette canne Helios 3F je manque très rarement ma cible ce qui est un atout majeur.

Une polyvalence rare dans cette catégorie :

Le « F » de « Finesse » prend tout son sens avec cette canne dont l’action m’a immédiatement séduit. Sans moulinet ni soie, j’avais déjà de très bonnes sensations. J’utilise avec cette canne un moulinet Hydros SL 2 ou un moulinet semi-automatique de marque française.

Avec une soie n°3 de type DT ou WF, l’Helios 3F 10’6 soie 3 est très agréable pour lancer à courte et moyenne distance (jusqu’à une quinzaine de mètres) et montre toutes ses qualités de lanceuse de précision. Habituellement, les cannes « typées » nymphes sont un peu trop souples pour bien guider une dizaine de mètres de soie et c’est précisément ce que je reproche à de nombreuses cannes dites « spéciale nymphe ». J’admets qu’une très bonne canne pour pêcher en nymphe puisse ne pas être exceptionnelle en sèche. Toutefois un pêcheur qui s’offre une canne très haut de gamme n’est-il pas en droit d’espérer utiliser une même canne pour la nymphe et pour la sèche ? A ce jeu-là, Orvis a mis au point une action parfaitement équilibrée et d’une efficacité rare pour lancer de petites nymphes avec un bas de ligne espagnol comme déposer une sèche sous un arbre avec une soie n°3 et un bas de ligne dégressif.

J’ai pu utiliser cette canne avec quasiment toutes les mouches que j’utilise pour mes sorties en rivière, du petit voilier sur hameçons n°20 à la nymphe très lestée de plus d’un gramme montée sur hameçon n°10. Cette canne lance tout ! Je n’ai pas essayé de streamer, mais oui, j’ai cédé une fois au squirmy wormy pour voir et là encore cette H3 fait le job…

A une ou deux nymphes, la sensibilité du scion est très agréable pour réaliser des animations lors des dérives et ressentir la moindre touche.

En sèche, avec un bas de ligne dégressif, c’est une canne très agréable pour pêcher en eau rapide mais elle est aussi très performante pour les pêches délicates et fines sur les lisses.

En tandem sèche/nymphe, avec un bas de ligne espagnol ou un bas de ligne dégressif, cette Helios 3 est fabuleuse.

Même pour la pêche en noyée, la H3F 10’6 soie 3 a de belles aptitudes, sa longueur permet de bien gérer les dérives et de relancer facilement en rouler.

Une tenue de poisson irréprochable :

Cette canne est souple mais pas molle ! Ce qui signifie que la réaction au ferrage est très efficace et sécurisante. Avec une pointe en 0,10 mm les risques de casse sont très réduits et les poissons parfaitement tenus. Ombre ou truite, je ne décroche quasiment jamais avec cette canne, que ce soit des poissons de 20 cm ou de 50 ! J’ai même réussi à mettre à l’épuisette un doublé de truites en compétition (23 et 24 cm) le tout sur du 0,10 mm. Je n’ai pas encore pris de truite de 60 cm avec cette canne mais vu quelques belles photos circuler aux Etats-Unis de truite arc-en-ciel de plus de 50 cm prises avec la H3 ce qui indique que la réserve de puissance est assez grande pour combattre efficacement ce genre de poisson. Je pense que pour la pêche des ombres en grande rivière c’est une canne redoutable.

En pratique :

L’un des meilleurs exemples qui peut illustrer cette polyvalence technique correspond à une situation rencontrée lors de la première manche de la finale du championnat de France de pêche à la mouche en rivière 1ère division. J’avais 4h pour pêcher un parcours de plus de 800 m sur la Têt qui à cet endroit présente un lit jalonné de blocs avec de nombreux courants. Sur un parcours aussi riche en postes, j’ai opté pour une pêche en nymphe « à l’espagnole » avec une soie naturelle n°2, un bas de ligne de 5 m en nylon 0,18 mm un indicateur en fil fluo et en dessous une pointe en 0,10 mm. Au bout d’une demi-heure j’avais sept truites « maillées » (en compétition : 20 cm minimum). Au fil de ma progression j’alternais pêche à une ou deux nymphes jusqu’à ce que la rivière change de profil. J’ai donc rapidement changé de moulinet pour passer une soie WF3 et un bas de ligne plus polyvalent pour exploiter d’avantage des postes en berge avec un tandem sèche/nymphe sans m’interdire de repasser sur la nymphe pure quand les postes s’y prêtaient.

Cette option s’est révélée très payante puisqu’en gagnant en dynamisme au niveau des lancers à l’aide du bas de ligne je posais mes mouches très précisément et les touches s’enchaînaient. Arrivé au niveau d’une fosse traversée par un courant assez puissant mon arbitre me dit « ici tu dois en mettre au moins 5 sur ta feuille ! ». Je n’en espérais pas moins mais il fallait rester très concentré pour pêcher méthodiquement ce magnifique coup qui nécessitait de pêcher à 2 nymphes en variant les poids en fonction des profondeurs et des vitesses de courant. Les truites étaient très actives sous l’eau et les touches ne se sont pas faites attendre très longtemps. En quelques lancers j’avais les 5 truites espérées à l’épuisette dont un doublé !

Soudain des truites se sont alors mises à gober de l’autre côté de la fosse le long d’une berge ombragée. Je ne pouvais pas traverser, la fosse était assez profonde et des branchages limitaient ma fenêtre de lancer. Je change ma pointe en conservant mon bas de ligne de 12’ et opte pour un sedge en CDC taille 16 pour solliciter ces poissons gobeurs. C’est à ce moment précis que j’ai pu vraiment pousser l’Helios 3F dans l’un de ses retranchements. Avec très peu de dégagement arrière je parviens à lancer ma mouche sèche dans le courant qui longe la berge où les truites gobent. J’accompagne la dérive de la mouche en réalisant un mending pour éviter le dragage et voilà qu’une première truite gobe ma sèche. Bingo ! Deux autres truites succomberont à mon sedge brun ce qui me faisait passer à 8 truites au compteur en ayant pêché en nymphe et en sèche avec la même canne.

A la fin des 4 heures de pêche je suis sorti de l’eau avec 30 poissons au compteur (toutes remises à l’eau, je précise pour les non compétiteurs). Ce parcours était finalement assez varié, plutôt physique en raison des nombreux blocs et du débit soutenu de la rivière. Je n’ai perdu que 2 truites qui aurait pu être comptabilisées ce qui est finalement assez peu. Au-delà de ce score, c’est bien le plaisir de pêche qui m’a animé lors de cette manche qui nécessité beaucoup de concentration et de dextérité. La canne ne fait pas tout mais à aucun moment je me suis senti limité par ses performances.

Pour conclure :

Avec l’Helios 3F 10’6 soie 3, ORVIS met la barre très haut dans le domaine des cannes de pêche en nymphe moderne. Mis à part son allure qui peut ne pas plaire à tout le monde, l’action de cette canne est simplement inédite. Je n’avais jamais pêché avec une canne de cette catégorie aussi aboutie pour couvrir les besoins d’un spécialiste des techniques fines pour pêcher en rivière moyenne et large. Cette canne représente un investissement et il est vrai qu’il vaut mieux avoir un bon niveau de pratique pour apprécier toutes ses qualités. Si son look vous plait et que vous cherchez une canne de haute voltige pour vos sorties de pêche en loisir ou pour performer en compétition, l’Helios 3F 10’6 soie 3 a toutes les qualités d’une grande championne.

A bientôt !

Florian

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Pêche à la Réunion épisode 2 : la quête du poisson plat

Voyager avec une canne à mouche se révèle être un bon moyen pour rencontrer des pêcheurs locaux et découvrir de nouvelles espèces telles que le « poisson plat ». Christophe est un pêcheur à la mouche installé depuis plus de trente ans à la Réunion. Pêcheur de truite à l’origine, il a su se diversifier pour profiter des multiples possibilités de pêche qu’offre cette magnifique île.

Christophe est un vrai spécialiste de la pêche du poisson plat à la mouche et il réussit parfois à prendre de très beaux spécimens comme celui-ci. Il remet systématiquement ce poisson à l’eau.         

Christophe m’a donné rendez-vous au bord d’une rivière de 2ème catégorie pour tenter de me faire prendre le fameux poisson plat (Khulia rupestris) dont j’avais entendu parler à la Fédération de Pêche de la Réunion. Aude et moi retrouvons Christophe au bord de l’un des fleuves de l’île au lit très encaissé et assez large. La rivière coule sur un fond de galets et de blocs de roche volcanique au milieu d’une vallée spectaculaire. A voir l’œuvre de l’érosion le long des berges je comprends que lors des épisodes pluvieux la rivière doit devenir monstrueuse et développer une énergie incroyable. Les poissons qui peuplent l’île de la Réunion résistent aux grosses crues mais les derniers typhons qui ont touchés la Réunion ont laissé des traces.

Alors que je commence à préparer mon matériel, Christophe m’en dit un peu plus au sujet du poisson plat. Cette espèce amphi-haline (qui vit en eau douce et en eau salée) est naturellement présente dans plusieurs rivières de l’île.

Méconnu des métropolitains, c’est pourtant un poisson qui se pêche au leurre ou à la mouche et dont la combativité n’a rien à envier au black-bass ou à la truite. Christophe m’explique rapidement que comme la plupart des poissons migrateurs de la Réunion, le poisson plat effectue plusieurs migrations vers l’océan pour se reproduire en estuaire au cours de sa vie. Contre toute attente, ce poisson a une croissance très faible. Il atteint la maturité sexuelle à 8 ans pour une taille d’environ 20 cm (taille légale de capture). Heureusement la plupart des moucheurs réunionnais pratiquent le No-kill sur cette espèce.

Remise à l’eau d’un vieux poisson plat pris en sèche par Christophe.

Avant de nous jeter à l’eau je demande à Christophe ce que mange le poisson plat pour mieux comprendre avec quel genre de mouche j’aurai des chances de réussir. Il ouvre ses boîtes à mouche sous mes yeux et me montre les différents modèles qu’il confectionne pour pêcher ce poisson qui ressemble un peu au black-bass à petite bouche. C’est un prédateur qui peut aussi bien gober un gros insecte en surface que se nourrir de larves et de sangsues ou de petits poissons. Christophe n’hésite pas à mettre quelques fibres brillantes ou colorées dans ses montages.

Imitation d’une guêpe réunionnaise montée sur hameçon n°8.

Ses mouches sèches sont inspirées des mouches américaines composées de mousse, de poils cervidés, de pattes en élastique et de kristal flash ! Je lui montre la sélection de mouches que j’avais préparée et il m’explique qu’il y a déjà de quoi faire en me montrant de gros Tabanas. Il ne faut pas pêcher trop fin. Le poisson plat est « armé » de nageoires épineuses et sa bouche est munie de petites dents. Une pointe en fil fluorocarbone ou nylon de 0,14mm de diamètre est adaptée mais avec une pointe en 0,16 mm c’est plus sûr ! Le poisson plat est une boule de muscle et il y a de nombreux blocs dans la rivière, le fil est mis à rude épreuve lors des combats.

Ce poisson est donc prenable en sèche, je suis les conseils précieux de Christophe et prépare ma Recon 9’ soie 5 avec un bas de ligne dynamique de 4,5 m et un Tabanas sur hameçon n°10. Le poisson plat ne se poste pas exactement de la même manière que les truites mais il affectionne les zones de courant, les fosses, les bords de rochers et les « retournes ». Pour l’approche il vaut mieux rester discret. Malgré son comportement grégaire, le poisson plat n’aime pas trop apercevoir une silhouette humaine au bord de l’eau. Christophe m’explique comment me placer et comment faire mes dérives en sèche. « N’hésite pas à faire légèrement draguer ta sèche sur les postes, ils adorent ça ! ». Pour parvenir à réaliser des dérives naturelles et à draguer au bon moment il faut un petit coup de main mais je « pige » assez vite la technique.

En remontant la rivière nous enchaînons les fosses, les courants jalonnés de blocs mais pas un signe de poisson plat… « Ils peuvent être capricieux pendant certaines périodes de la journée mais quand ils sont dehors on les remarque » m’explique Christophe. Les poissons plats sont généralement postés en groupe de plusieurs individus souvent par classe de taille. Les plus gros individus se réservent les bons postes et le partagent moins volontiers.

Au fil de notre prospection la luminosité diminue, il est environ 16h30 quand Christophe fini par faire monter un petit poisson plat sur son imitation de guêpe. Ce n’est pas un gros spécimen mais il a tout de même réussi à gober une mouche montée sur hameçon n°8 ! Ce beau poisson repart aussi vite qu’il est venu. Il ne s’agissait pas du véritable poisson plat mais d’une espèce très proche qui ne grandit pas tellement.

Nous remontons encore un peu avant d’arriver à une jolie fosse avec une veine de courant régulière. « C’est un très bon poste » m’indique Christophe. Je commence par prospecter l’aval de la fosse et assez vite j’allonge suffisamment de soie pour que ma mouche dérive dans la veine centrale. Un « splash » fulgurant éclate la surface, je ferre par réflexe, mais c’est dans le vide… Christophe assite à la scène et me dis « Il sont très rapides ! ». Il s’agissait de la première vraie occasion et je l’ai manquée… ce gobage indiquait qu’il s’agissait d’un beau poisson plat. Je laisse quelques secondes passer sans relancer sur le poisson, je change de mouche avant de retenter ma chance mais même avec de belles dérives aucun poisson ne veut repointer son nez en surface. Pas si faciles ces poissons !

Il est bientôt 18h, le ciel se pare de ses couleurs du soir et nous commençons à nous dire que le poisson plat n’était pas d’humeur mordeuse cette fois-ci. C’est le « money time », Christophe lance sa mouche le long d’un beau courant qui traverse une belle fosse et bingo ! Un premier poisson plat de taille honorable est ferré. Christophe le combat et le remet à l’eau avant même que nous puissions prendre une photo et me dit de traverser la rivière pour pêcher la fosse depuis l’autre rive. J’opte pour la nymphe.

Jusque-là j’avais hésité à m’écarter des consignes de Christophe mais le poste se prêtait bien à la pêche en nymphe au fil. Je noue une nymphe « Perdigone » plutôt sombre montée avec une bille en tungstène 2,8 mm de couleur cuivre et je lance bien en amont dans le courant. Alors que je prends contact avec le fond, j’anime ma nymphe du bout du scion et au moment où la nymphe commence à remonter en fin de dérive, je distingue un flash. Immédiatement la canne vibre, je ferre et là le poisson est bien au bout ! Christophe et Aude me voient partir vers l’aval de la fosse, le poisson prend quelques mètres de soie alors que je tente de le suivre.

Difficile pour moi d’imaginer un poisson d’une vingtaine de centimètres développer une puissance équivalente à une truite de près d’un kilo ! Je parviens à freiner le poisson plat dans sa course avant qu’il ne parte trop en aval et ne passe entre des rochers. La pointe en 0,16 mm n’est pas faite pour résister longtemps au contact de la pierre volcanique ! Je traverse la rivière en prenant soin de maintenir le poisson dans un environnement plutôt dégagé et au bout de 2 minutes je parviens à prendre en main mon premier poisson plat ! Ce n’est pas un monstre mais franchement je ne m’attendais pas à ce qu’il mène un combat aussi vif. Je ne peux cacher ma joie après des dizaines de lancers dans le vide.

Un poisson plat mérité qui a retrouvé son élément après la photo.

A propos de la population du poisson plat : c’est une espèce très sensible au braconnage notamment lorsque des morceaux de rivières sont barrés et asséchés pour pêcher le « bichique ». Cet alevin de chabot à bouche ronde est en effet l’objet de toutes les convoitises. Revendu cher « sous le manteau » cette espèce fait partie des poissons en forte régression sur l’île. La fédération pour la pêche et la protection des milieux aquatiques de la Réunion alarme les pouvoirs publics et la population à ce sujet, mais la prévention a ses limites. Les méthodes de pêche du bichique sont dévastatrices pour d’autres espèces dont le poisson plat qui compte tenu de sa maturité sexuelle tardive ne parvient pas à régénérer sa population aussi rapidement que l’homme ne la détruit. Je vous invite donc à pêcher le poisson plat de manière sportive et à remettre à l’eau ce poisson peu connu mais très intéressant.

Si vous désirez tenter votre chance avec le poisson plat, prévoyez le même matériel que pour pêcher la truite en rivière. Un short et une bonne paire de chaussures de wading avec des chaussons en néoprène suffisent pour pêcher en sécurité dans les rivières de la Réunion. Prévoyez un Hip-Pack ou un Chest-Pack avec de l’eau et votre matériel pour être à l’aise. Il n’est pas rare de marcher longtemps pour pêcher à la Réunion et il vaut mieux anticiper l’arrivée de la nuit. Une lampe frontale ne sera pas de trop dans votre sac.

A bientôt pour un nouvel article !

Florian.

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Pêche en rivière à la Réunion : Episode 1

L’île de la Réunion est surnommée « l’île Intense » et cela n’échappe pas aux voyageurs en quête de randonnées et de sports Outdoors. Les volcans, les cirques, l’Océan Indien et les rivières font de cette île une destination qui réserve bien des surprises même pour les pêcheurs à la mouche !

Comme de nombreux passionnés de pêche, il m’est difficile de partir en vacances sans prévoir de quoi passer quelques heures au bord de l’eau ! Je ne dirai pas que c’est la pêche qui oriente le choix de la destination mais s’il y a des poissons à prendre à la mouche c’est un plus intéressant.

En faisant quelques recherches et en prenant contact avec des amis, pratiquer la pêche à la mouche sur l’île de la Réunion n’avait rien d’une idée farfelue. Assez rapidement j’ai trouvé des informations via le site de la Fédération de pêche de la Réunion et à travers les réseaux sociaux. J’ai découvert que certaines rivières étaient peuplées de truites arc-en-ciel acclimatées depuis les années 1960s. Au moment de préparer mes bagages, j’ai pris soin de sélectionner des mouches polyvalentes pour pêcher en rivière de montagne. Quelques tabanas, des mouches d’ensemble et des imitations d’insectes terrestres accompagnées d’une bonne sélection de nymphes, la boîte Tacky Dropper était pleine. La Recon 9’ soie 5 et le moulinet Mirage ont trouvé place aux côtés des chaussures de randonnées, d’un masque de plongée et de mes palmes !

C’est une fois sur place que j’ai réalisé que la réglementation pêche pouvait être différente de celle de la métropole… ça n’a pas loupé ! Effectivement, la pêche de la truite arc-en-ciel étant encadrée avec une date d’ouverture et de fermeture, il y a bien une différence entre la métropole et cette île de l’hémisphère sud. Les zones de première catégorie sont fermées du 1er week-end de mai jusqu’au mois d’octobre. Dommage pour moi mais je n’ai pas abandonné l’idée de pêcher pour autant. A la lecture de la carte du domaine piscicole réunionnais, les rivières ont souvent un long secteur de 2ème catégorie où il serait possible de trouver d’autres espèces que les truites. J’ai donc pris contact avec la fédération de Pêche pour en savoir plus.

Suite à mon appel, je parviens à rencontrer le directeur de la Fédération de Pêche et un administrateur qui ont pris le temps de m’expliquer comment fonctionnait la pêche et la gestion des espèces piscicoles sur l’île. Il faut savoir que la réglementation spécifique à la pêche n’existe que depuis 2003 sur ce territoire d’Outre-Mer. La fédération a été créée sous l’impulsion de la Fédération Nationale de la Pêche en France qui a permis de structurer la pêche et la protection des milieux aquatiques à la Réunion. Tous les cours d’eau de l’île sont en domaine publique. Pour y pêcher, il faut être détenteur d’une carte de pêche et avoir acquitté la cotisation pour les Milieux Aquatique (CPMA).

Je ne pouvais pas écrire cet article sans aborder l’aspect protection des rivières et des poissons endémiques. Il faut savoir que plusieurs espèces de poissons et de crustacés peuplent les rivières réunionnaises et que la plupart d’entre elles ont une forte valeur patrimoniale. La fédération a un gros travail de sensibilisation et de police pour sensibiliser les réunionnais à la préservation de ce patrimoine naturel exceptionnel. Certaines pratiques de pêche « traditionnelles » ont des effets destructeurs sur les milieux et différentes espèces très sensibles. Plusieurs espèces de poissons endémiques effectuent une à plusieurs migrations entre l’Océan Indien et les secteurs amont des rivières. Tous les aménagements qui altèrent la libre circulation des poissons et les actes de braconnage impactent les populations piscicoles au point de menacer la survie d’espèces très sensibles.

A propos de la pêche !

Suite à ma visite à la fédération de pêche j’avais des informations sur les secteurs et les espèces de poissons à y pêcher mais il n’était pas nécessaire d’aller très loin pour tenter de prendre quelques poissons.

Un parcours No-Kill en seconde catégorie se trouve devant le siège de la fédération sur la rivière Langevin. Une association de pêche locale soutient la population de truites pour permettre aux pêcheurs à la mouche de prolonger leur saison sur un tronçon de rivière aux allures de torrent de montagne. En retournant quelques pierres immergées j’ai rapidement observé des larves de trichoptères sans fourreau (Hydropsychidae), il y a donc des sedges bruns à certaines périodes et les truites en sont folles.

Aude, ma compagne, m’a accordé une heure et j’ai donc saisie l’occasion pour essayer de prendre quelques truites arc-en-ciel. L’accès facile à la rivière permet de pêcher léger. Une 9’ soie 5 fait tout à fait le job pour pratiquer la pêche en nymphe au fil, la pêche en sèche ou la pêche au streamer sur cette rivière relativement étroite mais très rapide.

 

C’est assez exceptionnel de pêcher comme dans les Alpes sur une rivière d’une île de l’Océan Indien ! Un bas de ligne assez court avec un indicateur et une pointe longue d’un mètre avec une nymphe jig m’ont permis de prospecter des postes calmes assez profonds entre des blocs et des courants mais sans succès. J’ai tenté le tandem sèche nymphe sur des postes moins profonds et ce n’est qu’au bout de 40 minutes de pêche que j’ai réussi à trouver des poissons actifs en haut du parcours. Dès la touche ces truites annoncent la couleur !

Elles sont très vives et n’ont rien de poissons fraîchement « déversés ». La première truite a immédiatement enchaîné plusieurs chandelles et s’est engagée dans un courant très rapide. Je n’avais pas d’autres choix que de dévaler la rivière pour terminer le combat dans une zone plus calme.

Le nombre de prise m’importe peu, j’ai eu le plaisir de combattre deux jolies truites à la Réunion et le fait de pêcher ce parcours No-Kill « exotique » était une expérience inoubliable. Selon les dires de pêcheurs à la mouche réunionnais, le No-Kill était très poissonneux avant les typhons qui ont frappé l’île en début d’année 2018. Sur cette portion en 2ème catégorie la rivière Langevin est montée très haut et beaucoup de poissons ont sans doute été emportés. Toutefois la partie haute de cette rivière est très bien peuplée en truites arc-en-ciel sauvages.

Le Langevin est une magnifique rivière qui doit également sa notoriété à ses cascades que l’on peut observer en empruntant une petite route très pentue par endroit ! La Réunion est une île riche en surprises et si vous avez l’intention d’y séjourner, je vous invite à passer au moins une demi-journée du côté de Langevin pour découvrir la rivière.

A bientôt pour une nouvelle aventure de pêche à la recherche du « poisson plat » !

Florian

En bonus : La vidéo !

 

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Destination l’île Maurice et ses carangues bleues !

Toujours prêt à découvrir une nouvelle destination et de nouveaux poissons, j’ai profité de mes vacances à l’île Maurice pour tenter de prendre des carangues bleues à la mouche.

Vous l’avez sans doute deviné, il m’est difficile de partir quelque part s’il n’y a pas l’opportunité de lancer une mouche sur l’eau ! Je remercie d’ailleurs ma compagne de prévoir de possibles excursions de pêche pendant nos congés alors qu’il m’arrive aussi de faire sonner le réveil à 6h un dimanche pour filer pêcher avec des copains…

Fabien, un ami pêcheur originaire de l’île Maurice, m’a indiqué différentes possibilités de pêche à travers une discussion sur Maurice et m’a rapidement parlé de la pêche des carangues. En cherchant un peu sur Internet il est assez facile de trouver des photos et des vidéos sur la pêche des carangues bleues. C’est au cours de mes recherches que j’ai découvert le site web de Dominique Thevenau, guide de pêche, qui s’avère être un ami de Fabien. Je n’ai donc pas hésité à prendre contact avec ce spécialiste pour en savoir plus sur ses services et sur la pêche à Maurice.

La préparation avant de partir.

Passant une dizaine de jours à la Réunion pour randonner, j’avais donc besoin de garder un peu de place dans mes bagages pour emporter une Helios 3D 9’ soie 9, un moulinet Mirage US 5, un hip pack étanche avec le nécessaire pour les montages et surtout mes boîtes de mouches ! A propos des mouches, une bonne série de clousers minnows, des decivers en bucktail, des gurglers montés sur des hameçons de 2/0 font l’affaire. A cette liste il faut ajouter un t-shirt ou une chemise à manches longues (pour les UV), un short de bain des lunettes polarisantes, une casquette, buff et de la crème solaire.

Arrivée à l’île Maurice.

Après plusieurs jours sportifs à la Réunion entre les volcans et les cirques, j’avais hâte de découvrir les lagons et l’Océan. Notre première journée était justement la bonne occasion pour une découverte de la vie océanique, nous avons eu le privilège de nager aux côtés de dauphins et de plonger dans un lagon riche en poissons.

Place à la pêche !

Dominique m’a donné rendez-vous au Morne (au Sud-ouest de l’île) pour une session de pêche de quelques heures. Il m’accueille à bord d’un bateau commandé par François l’homme de bord qui nous accompagne pour la sortie. Rapidement Dominique me demande ce que j’ai pour me chausser. Comme la place n’était pas énorme dans mes bagages, les chaussures néoprènes avec de bonnes semelles me semblaient appropriées. Dans son rôle de guide bienveillant, Dominique m’a gentiment prêté des chaussures de sécurité et des chaussettes montantes en néoprène pour me protéger des coraux ou des « poissons pierres ». En effet la barrière de corail peut s’avérer dangereuse sans un équipement approprié. La moindre blessure peut mettre fin à une sortie et même gâcher des vacances. Marcher sur un poisson pierre sans protection peut carrément provoquer un malaise et nécessiter une hospitalisation en urgence. Dominique a l’habitude des touristes comme moi et sait comment assurer leur sécurité !

Une fois équipé, je noue un deciver de coloris jaune fluo et blanc au bout de mon bas de ligne de 3 m en 0,60 mm (20 kg de résistance). Le bateau approche de la zone de pêche et Dominique en profite pour me donner quelques consignes : «°Dans l’eau, tu me suis, tu évites de marcher sur le corail, on ne parle pas fort et quand je t’indique une direction tu lances le plus vite possible dans cette direction ». Alors que nous commençons à marcher vers la barrière de corail, il me dit « ne me demande pas si je vois un poisson, lance et dès que ta mouche touche l’eau tu strippes rapidement. J’ai l’habitude de voir les carangues mais elles vont très vite et il faut être très réactif ». Ces poissons n’aiment pas le bruit, il faut donc être discret dans l’approche.

Nous nous positionnons à une cinquantaine de mètres du bord de la barrière. Nous la distinguons grâce aux rouleaux qui se forment avant de s’éclater progressivement sur la barrière. Les carangues bleues profitent des mouvements d’eau provoqués par les vagues pour chasser les petits poissons sur la barrière et nous sommes idéalement positionnés pour croiser ces prédateurs. Les vagues nous trempent pratiquement jusqu’au cou mais il faut garder l’équilibre et aligner entre quinze et vingt mètres de soie pour que la mouche puisse intéresser une carangue. J’ai l’Helios 3D bien en main et je commence à trouver mes marques quand Dominique aperçoit un requin à pointes blanches en chasse. « Vite on part ! », sans discuter, je le suis jusqu’au bateau pour changer de coin. « Le requin ne nous aurait pas attaqué mais s’il vient chercher une carangue qui a pris ta mouche, il peut y avoir un problème ! ».

Évidemment nous trouvons rapidement une autre zone de pêche et ce coup-ci j’ai compris qu’il fallait avoir les yeux partout ! Après plusieurs lancers je vois un remous dans l’axe de ma soie et le poisson se ferre en même temps que je strippe. « Lève ta canne et laisse filer la soie ! » Dominique m’indique à ce moment-là les bons gestes pour que le poisson reprenne les quelques mètres de soie que j’ai ramené en strippant et que je puisse ensuite le combattre au moulinet. Tenir la canne haute c’est indispensable pour éviter les coraux qui peuvent couper le bas de ligne en une fraction de seconde.

Cette première carangue n’est pas énorme mais sa défense m’impressionne. Avec une 9’ soie 9 et un moulinet très performant, ce poisson ne veut rien lâcher ! Au bout de 2 minutes de combat, elle finit par se rendre, faisant de moi le pêcheur le plus heureux de la barrière de corail ! Dominique me dit alors, « Vite, il y en a une deuxième plus grosse ! » Je relâche cette carangue pour me remettre en action.

La seconde touche ne s’est pas faite attendre ! Alors que ma mouche passe derrière une vague, je strippe par grandes brassées et j’aperçois un poisson faire un mètre vers ma mouche en un dixième de seconde ! Je n’ai même pas le temps d’analyser ce qu’il se passe, par réflexe je ferre et c’est bien au bout.

La carangue prend vingt mètres de soie à une vitesse incroyable et voilà que le moulinet commence à chanter. Arrivée à une trentaine de mètres le poisson se calme un peu et j’en profite pour lui mettre la pression en serrant le frein du Mirage.

Ce coup-ci c’est plus sérieux et tout en gardant la canne très haute je dois ramener ce poisson bagarreur qui connait parfaitement les reliefs et peut tenter un rush vers une « patate de corail ». Dominique me conseille et veille à ce que je ne perde pas l’équilibre. La carangue arrive petit à petit jusqu’à nous et la caméra filme la scène. Je la saisi en même temps que Dominique me félicite ! « C’est un super poisson ! » Ce n’est pas un monstre mais effectivement le rapport poids/puissance de la carangue bleue a de quoi impressionner. En eau douce, il est très difficile de trouver l’équivalent.

Je prendrai une autre carangue de belle taille sur ce poste qui une fois de plus me donnera un combat intense et se rendra difficilement. « Magnifique mon ami » me glisse Dominique ! Je décroche le poisson et la regarde partir avec ses beaux reflets bleutés. Je regarde le bas de ligne qui montre de sérieux signes de fatigue. Les coraux sont redoutables et il faut toujours vérifier le fil entre chaque poisson.

Le bas de ligne est neuf, la zone est bonne, je relance inlassablement ma mouche en m’appliquant pour faire mordre un nouveau poisson et prendre une nouvelle décharge d’adrénaline au passage ! Une vague éclate, je profite des remous et de l’écume et là l’attaque ne peut m’échapper. Le poisson a englouti la mouche en provoquant un gros remous et c’est encore du solide ! Encore novice dans cette pêche, j’ai la faiblesse de lui laisser un peu de liberté. Quand Dominique me dit de la stopper, elle est déjà à 50m ! Je serre le frein et tente de reprendre la manivelle en main mais celle-ci tourne trop vite… alors que le poisson se calme, la canne plie, et la ligne se détend soudainement. « Cassé ! »

Et oui, le poisson a gagné et Dominique m’explique que quand c’est gros, il faut parfois mettre la canne à plat et serrer le moulinet à fond pour éviter qu’il ne sorte de la barrière de corail. C’était la chance de la journée. Cette carangue était estimée à 15 livres selon mon guide expérimenté. Je ne prendrai pas plus gros.

Dominique m’a ensuite fait prendre d’autres carangues au lancer depuis le bateau. Cette session était sensée soulager un peu mes bras mais avec les carangues il faut non seulement animer très vivement les leurres en surface mais aussi combattre en force !

Ces quelques heures de pêche étaient riches en émotions et en intensité. Nous étions affamés et François nous a gentiment débarqué sur la plage du Morne pour aller manger dans un bon restaurant. Une bonne bière, un plat local et nous terminons cette belle matinée de pêche en nous racontant différentes expériences de pêche.

Contrairement aux Seychelles où la pêche sur les flats peut permettre de ferrer de gros bonefishs, l’ïle Maurice n’a pas une grande renommée pour la pêche à la mouche. A vrai dire, les mauriciens sont des pêcheurs redoutables et certaines espèces comme le bonefish se sont raréfiées au fur et à mesure que la pêche à la senne s’est développée dans les lagons (filet tracté par les pêcheurs dans les lagons).

Dominique s’inscrit vraiment dans une démarche environnementale. Aucun bout de fil n’a été jeté à l’eau, tous les poissons repartent à l’eau en pleine forme et il n’est même pas question de tenter d’en garder un ! Comme me l’a expliqué Dominique, il n’y a pas tellement d’autres espèces pêchables à la mouche de cette manière. Il faut donc veiller à ce que la carangue bleue ne subisse pas le même sort que d’autres beaucoup plus rares aujourd’hui à Maurice. Je vous recommande donc vraiment ses services si vous souhaitez vivre une très belle expérience de pêche dans un décor de rêve.

Voici le site web de Dominique avec ses coordonnées :

http://www.mauritiusfishingandhuntingsafaris.com/fr/fly-fishing-rock-surf-angling-safaris/

Pour avoir une idée de ce que j’ai vécu, cette vidéo est réalisée à partir des images qui ont été tournées pendant la sortie.

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