Archives mensuelles : août 2018

Vidéo : Thon rouge à la mouche par T. Longis

Thibault est un pêcheur à la mouche dont l’un des défis est la pêche du thon rouge à la mouche !

C’est à bord du bateau de Laurent Condou, guide de pêche expérimenté basé à Arcachon, que Thibault et ses amis ont eu le plaisir de pêcher sur des chasses de thons. Thibault avait monté sa canne Helios 2 9′ soie 12 avec un moulinet Mirage US V pour lancer un streamer au milieu des bouillons. Un bon lancer et une bonne animation et voilà que Thibault ferre un magnifique poisson. Le reste en images !

Après 20 minutes de combat et deux belles photos, ce thon rouge est reparti à l’eau en pleine forme !

Bravo Thibault

L’équipe Orvis Pêche Mouche

Facebook

Pêche à la Réunion épisode 2 : la quête du poisson plat

Voyager avec une canne à mouche se révèle être un bon moyen pour rencontrer des pêcheurs locaux et découvrir de nouvelles espèces telles que le « poisson plat ». Christophe est un pêcheur à la mouche installé depuis plus de trente ans à la Réunion. Pêcheur de truite à l’origine, il a su se diversifier pour profiter des multiples possibilités de pêche qu’offre cette magnifique île.

Christophe est un vrai spécialiste de la pêche du poisson plat à la mouche et il réussit parfois à prendre de très beaux spécimens comme celui-ci. Il remet systématiquement ce poisson à l’eau.         

Christophe m’a donné rendez-vous au bord d’une rivière de 2ème catégorie pour tenter de me faire prendre le fameux poisson plat (Khulia rupestris) dont j’avais entendu parler à la Fédération de Pêche de la Réunion. Aude et moi retrouvons Christophe au bord de l’un des fleuves de l’île au lit très encaissé et assez large. La rivière coule sur un fond de galets et de blocs de roche volcanique au milieu d’une vallée spectaculaire. A voir l’œuvre de l’érosion le long des berges je comprends que lors des épisodes pluvieux la rivière doit devenir monstrueuse et développer une énergie incroyable. Les poissons qui peuplent l’île de la Réunion résistent aux grosses crues mais les derniers typhons qui ont touchés la Réunion ont laissé des traces.

Alors que je commence à préparer mon matériel, Christophe m’en dit un peu plus au sujet du poisson plat. Cette espèce amphi-haline (qui vit en eau douce et en eau salée) est naturellement présente dans plusieurs rivières de l’île. Méconnu des métropolitains, c’est pourtant un poisson qui se pêche au leurre ou à la mouche et dont la combativité n’a rien à envier au black-bass ou à la truite. Christophe m’explique rapidement que comme la plupart des poissons migrateurs de la Réunion, le poisson plat effectue plusieurs migrations vers l’océan pour se reproduire en estuaire au cours de sa vie. Contre toute attente, ce poisson a une croissance très faible. Il atteint la maturité sexuelle à 8 ans pour une taille d’environ 20 cm (taille légale de capture). Heureusement la plupart des moucheurs réunionnais pratiquent le No-kill sur cette espèce.

Remise à l’eau d’un vieux poisson plat pris en sèche par Christophe.

Avant de nous jeter à l’eau je demande à Christophe ce que mange le poisson plat pour mieux comprendre avec quel genre de mouche j’aurai des chances de réussir. Il ouvre ses boîtes à mouche sous mes yeux et me montre les différents modèles qu’il confectionne pour pêcher ce poisson qui ressemble un peu au black-bass à petite bouche. C’est un prédateur qui peut aussi bien gober un gros insecte en surface que se nourrir de larves et de sangsues ou de petits poissons. Christophe n’hésite pas à mettre quelques fibres brillantes ou colorées dans ses montages.

Imitation d’une guêpe réunionnaise montée sur hameçon n°8.

Ses mouches sèches sont inspirées des mouches américaines composées de mousse, de poils cervidés, de pattes en élastique et de kristal flash ! Je lui montre la sélection de mouches que j’avais préparée et il m’explique qu’il y a déjà de quoi faire en me montrant de gros Tabanas. Il ne faut pas pêcher trop fin. Le poisson plat est « armé » de nageoires épineuses et sa bouche est munie de petites dents. Une pointe en fil fluorocarbone ou nylon de 0,14mm de diamètre est adaptée mais avec une pointe en 0,16 mm c’est plus sûr ! Le poisson plat est une boule de muscle et il y a de nombreux blocs dans la rivière, le fil est mis à rude épreuve lors des combats.

Ce poisson est donc prenable en sèche, je suis les conseils précieux de Christophe et prépare ma Recon 9’ soie 5 avec un bas de ligne dynamique de 4,5 m et un Tabanas sur hameçon n°10. Le poisson plat ne se poste pas exactement de la même manière que les truites mais il affectionne les zones de courant, les fosses, les bords de rochers et les « retournes ». Pour l’approche il vaut mieux rester discret. Malgré son comportement grégaire, le poisson plat n’aime pas trop apercevoir une silhouette humaine au bord de l’eau. Christophe m’explique comment me placer et comment faire mes dérives en sèche. « N’hésite pas à faire légèrement draguer ta sèche sur les postes, ils adorent ça ! ». Pour parvenir à réaliser des dérives naturelles et à draguer au bon moment il faut un petit coup de main mais je « pige » assez vite la technique.

En remontant la rivière nous enchaînons les fosses, les courants jalonnés de blocs mais pas un signe de poisson plat… « Ils peuvent être capricieux pendant certaines périodes de la journée mais quand ils sont dehors on les remarque » m’explique Christophe. Les poissons plats sont généralement postés en groupe de plusieurs individus souvent par classe de taille. Les plus gros individus se réservent les bons postes et le partagent moins volontiers.

Au fil de notre prospection la luminosité diminue, il est environ 16h30 quand Christophe fini par faire monter un petit poisson plat sur son imitation de guêpe. Ce n’est pas un gros spécimen mais il a tout de même réussi à gober une mouche montée sur hameçon n°8 ! Ce beau poisson repart aussi vite qu’il est venu. Il ne s’agissait pas du véritable poisson plat mais d’une espèce très proche qui ne grandit pas tellement.

Nous remontons encore un peu avant d’arriver à une jolie fosse avec une veine de courant régulière. « C’est un très bon poste » m’indique Christophe. Je commence par prospecter l’aval de la fosse et assez vite j’allonge suffisamment de soie pour que ma mouche dérive dans la veine centrale. Un « splash » fulgurant éclate la surface, je ferre par réflexe, mais c’est dans le vide… Christophe assite à la scène et me dis « Il sont très rapides ! ». Il s’agissait de la première vraie occasion et je l’ai manquée… ce gobage indiquait qu’il s’agissait d’un beau poisson plat. Je laisse quelques secondes passer sans relancer sur le poisson, je change de mouche avant de retenter ma chance mais même avec de belles dérives aucun poisson ne veut repointer son nez en surface. Pas si faciles ces poissons !

Il est bientôt 18h, le ciel se pare de ses couleurs du soir et nous commençons à nous dire que le poisson plat n’était pas d’humeur mordeuse cette fois-ci. C’est le « money time », Christophe lance sa mouche le long d’un beau courant qui traverse une belle fosse et bingo ! Un premier poisson plat de taille honorable est ferré. Christophe le combat et le remet à l’eau avant même que nous puissions prendre une photo et me dit de traverser la rivière pour pêcher la fosse depuis l’autre rive. J’opte pour la nymphe.

Jusque-là j’avais hésité à m’écarter des consignes de Christophe mais le poste se prêtait bien à la pêche en nymphe au fil. Je noue une nymphe « Perdigone » plutôt sombre montée avec une bille en tungstène 2,8 mm de couleur cuivre et je lance bien en amont dans le courant. Alors que je prends contact avec le fond, j’anime ma nymphe du bout du scion et au moment où la nymphe commence à remonter en fin de dérive, je distingue un flash. Immédiatement la canne vibre, je ferre et là le poisson est bien au bout ! Christophe et Aude me voient partir vers l’aval de la fosse, le poisson prend quelques mètres de soie alors que je tente de le suivre.

Difficile pour moi d’imaginer un poisson d’une vingtaine de centimètres développer une puissance équivalente à une truite de près d’un kilo ! Je parviens à freiner le poisson plat dans sa course avant qu’il ne parte trop en aval et ne passe entre des rochers. La pointe en 0,16 mm n’est pas faite pour résister longtemps au contact de la pierre volcanique ! Je traverse la rivière en prenant soin de maintenir le poisson dans un environnement plutôt dégagé et au bout de 2 minutes je parviens à prendre en main mon premier poisson plat ! Ce n’est pas un monstre mais franchement je ne m’attendais pas à ce qu’il mène un combat aussi vif. Je ne peux cacher ma joie après des dizaines de lancers dans le vide.

Un poisson plat mérité qui a retrouvé son élément après la photo.

A propos de la population du poisson plat : c’est une espèce très sensible au braconnage notamment lorsque des morceaux de rivières sont barrés et asséchés pour pêcher le « bichique ». Cet alevin de chabot à bouche ronde est en effet l’objet de toutes les convoitises. Revendu cher « sous le manteau » cette espèce fait partie des poissons en forte régression sur l’île. La fédération pour la pêche et la protection des milieux aquatiques de la Réunion alarme les pouvoirs publics et la population à ce sujet, mais la prévention a ses limites. Les méthodes de pêche du bichique sont dévastatrices pour d’autres espèces dont le poisson plat qui compte tenu de sa maturité sexuelle tardive ne parvient pas à régénérer sa population aussi rapidement que l’homme ne la détruit. Je vous invite donc à pêcher le poisson plat de manière sportive et à remettre à l’eau ce poisson peu connu mais très intéressant.

Si vous désirez tenter votre chance avec le poisson plat, prévoyez le même matériel que pour pêcher la truite en rivière. Un short et une bonne paire de chaussures de wading avec des chaussons en néoprène suffisent pour pêcher en sécurité dans les rivières de la Réunion. Prévoyez un Hip-Pack ou un Chest-Pack avec de l’eau et votre matériel pour être à l’aise. Il n’est pas rare de marcher longtemps pour pêcher à la Réunion et il vaut mieux anticiper l’arrivée de la nuit. Une lampe frontale ne sera pas de trop dans votre sac.

A bientôt pour un nouvel article !

Florian.

Facebook

Vidéo : Une belle journée d’été pour pêcher !

Matthias Parre nous emmène au bord de la Dordogne pour une belle session de pêche en sèche avec Alexis.

Au milieu des renoncules en fleur se cachent des truites et des ombres prêts à gober un sedge ou une éphémère en dérive à la surface. Alexis s’est posté pour lancer ses mouches en destination des gobages avec succès ! La caméra de Matthias a immortalisé quelques beaux coups de ligne dans un cadre mythique pour de nombreux pêcheurs.

Cette vidéo est à voir et à partager sans modération…

Facebook