Archives mensuelles : juillet 2018

Pêche en rivière à la Réunion : Episode 1

L’île de la Réunion est surnommée « l’île Intense » et cela n’échappe pas aux voyageurs en quête de randonnées et de sports Outdoors. Les volcans, les cirques, l’Océan Indien et les rivières font de cette île une destination qui réserve bien des surprises même pour les pêcheurs à la mouche !

Comme de nombreux passionnés de pêche, il m’est difficile de partir en vacances sans prévoir de quoi passer quelques heures au bord de l’eau ! Je ne dirai pas que c’est la pêche qui oriente le choix de la destination mais s’il y a des poissons à prendre à la mouche c’est un plus intéressant.

En faisant quelques recherches et en prenant contact avec des amis, pratiquer la pêche à la mouche sur l’île de la Réunion n’avait rien d’une idée farfelue. Assez rapidement j’ai trouvé des informations via le site de la Fédération de pêche de la Réunion et à travers les réseaux sociaux. J’ai découvert que certaines rivières étaient peuplées de truites arc-en-ciel acclimatées depuis les années 1960s. Au moment de préparer mes bagages, j’ai pris soin de sélectionner des mouches polyvalentes pour pêcher en rivière de montagne. Quelques tabanas, des mouches d’ensemble et des imitations d’insectes terrestres accompagnées d’une bonne sélection de nymphes, la boîte Tacky Dropper était pleine. La Recon 9’ soie 5 et le moulinet Mirage ont trouvé place aux côtés des chaussures de randonnées, d’un masque de plongée et de mes palmes !

C’est une fois sur place que j’ai réalisé que la réglementation pêche pouvait être différente de celle de la métropole… ça n’a pas loupé ! Effectivement, la pêche de la truite arc-en-ciel étant encadrée avec une date d’ouverture et de fermeture, il y a bien une différence entre la métropole et cette île de l’hémisphère sud. Les zones de première catégorie sont fermées du 1er week-end de mai jusqu’au mois d’octobre. Dommage pour moi mais je n’ai pas abandonné l’idée de pêcher pour autant. A la lecture de la carte du domaine piscicole réunionnais, les rivières ont souvent un long secteur de 2ème catégorie où il serait possible de trouver d’autres espèces que les truites. J’ai donc pris contact avec la fédération de Pêche pour en savoir plus.

Suite à mon appel, je parviens à rencontrer le directeur de la Fédération de Pêche et un administrateur qui ont pris le temps de m’expliquer comment fonctionnait la pêche et la gestion des espèces piscicoles sur l’île. Il faut savoir que la réglementation spécifique à la pêche n’existe que depuis 2003 sur ce territoire d’Outre-Mer. La fédération a été créée sous l’impulsion de la Fédération Nationale de la Pêche en France qui a permis de structurer la pêche et la protection des milieux aquatiques à la Réunion. Tous les cours d’eau de l’île sont en domaine publique. Pour y pêcher, il faut être détenteur d’une carte de pêche et avoir acquitté la cotisation pour les Milieux Aquatique (CPMA).

Je ne pouvais pas écrire cet article sans aborder l’aspect protection des rivières et des poissons endémiques. Il faut savoir que plusieurs espèces de poissons et de crustacés peuplent les rivières réunionnaises et que la plupart d’entre elles ont une forte valeur patrimoniale. La fédération a un gros travail de sensibilisation et de police pour sensibiliser les réunionnais à la préservation de ce patrimoine naturel exceptionnel. Certaines pratiques de pêche « traditionnelles » ont des effets destructeurs sur les milieux et différentes espèces très sensibles. Plusieurs espèces de poissons endémiques effectuent une à plusieurs migrations entre l’Océan Indien et les secteurs amont des rivières. Tous les aménagements qui altèrent la libre circulation des poissons et les actes de braconnage impactent les populations piscicoles au point de menacer la survie d’espèces très sensibles.

A propos de la pêche !

Suite à ma visite à la fédération de pêche j’avais des informations sur les secteurs et les espèces de poissons à y pêcher mais il n’était pas nécessaire d’aller très loin pour tenter de prendre quelques poissons.

Un parcours No-Kill en seconde catégorie se trouve devant le siège de la fédération sur la rivière Langevin. Une association de pêche locale soutient la population de truites pour permettre aux pêcheurs à la mouche de prolonger leur saison sur un tronçon de rivière aux allures de torrent de montagne. En retournant quelques pierres immergées j’ai rapidement observé des larves de trichoptères sans fourreau (Hydropsychidae), il y a donc des sedges bruns à certaines périodes et les truites en sont folles.

Aude, ma compagne, m’a accordé une heure et j’ai donc saisie l’occasion pour essayer de prendre quelques truites arc-en-ciel. L’accès facile à la rivière permet de pêcher léger. Une 9’ soie 5 fait tout à fait le job pour pratiquer la pêche en nymphe au fil, la pêche en sèche ou la pêche au streamer sur cette rivière relativement étroite mais très rapide.

 

C’est assez exceptionnel de pêcher comme dans les Alpes sur une rivière d’une île de l’Océan Indien ! Un bas de ligne assez court avec un indicateur et une pointe longue d’un mètre avec une nymphe jig m’ont permis de prospecter des postes calmes assez profonds entre des blocs et des courants mais sans succès. J’ai tenté le tandem sèche nymphe sur des postes moins profonds et ce n’est qu’au bout de 40 minutes de pêche que j’ai réussi à trouver des poissons actifs en haut du parcours. Dès la touche ces truites annoncent la couleur !

Elles sont très vives et n’ont rien de poissons fraîchement « déversés ». La première truite a immédiatement enchaîné plusieurs chandelles et s’est engagée dans un courant très rapide. Je n’avais pas d’autres choix que de dévaler la rivière pour terminer le combat dans une zone plus calme.

Le nombre de prise m’importe peu, j’ai eu le plaisir de combattre deux jolies truites à la Réunion et le fait de pêcher ce parcours No-Kill « exotique » était une expérience inoubliable. Selon les dires de pêcheurs à la mouche réunionnais, le No-Kill était très poissonneux avant les typhons qui ont frappé l’île en début d’année 2018. Sur cette portion en 2ème catégorie la rivière Langevin est montée très haut et beaucoup de poissons ont sans doute été emportés. Toutefois la partie haute de cette rivière est très bien peuplée en truites arc-en-ciel sauvages.

Le Langevin est une magnifique rivière qui doit également sa notoriété à ses cascades que l’on peut observer en empruntant une petite route très pentue par endroit ! La Réunion est une île riche en surprises et si vous avez l’intention d’y séjourner, je vous invite à passer au moins une demi-journée du côté de Langevin pour découvrir la rivière.

A bientôt pour une nouvelle aventure de pêche à la recherche du « poisson plat » !

Florian

En bonus : La vidéo !

 

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